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Politique

vendredi 1er octobre 2010, par Journal de la Corse

Demain Assemblée territoriale Dans l’œil de la caméra Pour cette session de rentrée, l’ordre du jour prévoyait d’examiner des délibérations d’affaires courantes. Néanmoins, les sujets qui alimentent le débat public se sont invités dans l’hémicycle par l’intermédiaire des questions orales : la fin des arrêtés Miot, les difficultés financières des familles de détenus sur le continent, le faible pouvoir d’achat des retraités, l’alimentation de la centrale de Lucciana au fuel lourd et son pendant, le plan énergétique. Treize interventions de conseillers territoriaux des sept groupes qui composent l’Assemblée filmées par les caméras de France 3 Corse Via Stella et enregistrées par les micros d’Alta Frequenza. « Je salue celles et ceux qui nous entendent, nous regardent en Corse, sur le continent ou à l’étranger », énonce en préambule Dominique Bucchini qui se félicite de la retransmission des questions orales sur les ondes d’Alta Frequenza et sur l’antenne de France 3 Corse Via Stella. Si les questions orales « contribuent au débat public et renforcent la démocratie », elles n’échappent néanmoins pas à un cadre strict : tout conseiller dispose de 2 minutes 30 pour développer sa question, tandis que 3 minutes 30 sont accordées au conseiller exécutif concerné pour y répondre. Et Dominique Bucchini n’exclut pas d’interrompre toute logorrhée qui dépasserait le délai règlementaire. Dans la même volonté d’imposer une discipline à l’hémicycle, il rappelle que toute manifestation et tout débordement sont proscrits. Mise en scène des nationalistes Les premiers à désobéir sont les onze élus de Femu a Corsica. Avant de prendre la parole au sujet du démarrage de la centrale thermique de Lucciana, acté récemment par un arrêté préfectoral, ils ont chacun revêtu un tee-shirt blanc sur lequel était inscrit en noir « Fioul lourd, fiulu puzzicu ». Le député européen François Alfonsi qui avait pris place dans les tribunes, les a imités. Par la voix de Fabienne Giovannini, les nationalistes ont pointé un certain nombre d’incohérences. Le dépôt de la Marana, qui approvisionne la centrale de Lucciana, dispose d’ « une capacité de stockage importante concernant le fuel léger ». Ensuite, il est prévu que les moteurs convertis de cette infrastructure permettent un fonctionnement au gaz naturel dès que la Corse sera raccordée au gazoduc Galsi. Enfin, le fonctionnement au fuel lourd affiche un rendement inférieur, une pollution supérieure et un surcoût conséquent estimé à 100 millions d’euros. Donc, s’interroge le groupe nationaliste, « l’Exécutif territorial a-t-il fait les démarches nécessaires auprès des autorités et d’EDF pour que les moteurs convertis de Lucciana fonctionnent immédiatement avec du fioul léger » et que l’hypothèse de l’alimentation initiale au fioul léger ait été examinée selon une procédure d’urgence ? Le président Paul Giacobbi et la conseillère territoriale en charge de l’énergie, Maria Guidicelli, ont répété, non sans témoigner un vif agacement, leur volonté d’avancer le dossier afin de doter la Corse d’une couverture thermique efficace sans pour autant remettre en cause la réalisation du gazoduc algéro-italien et du raccordement de l’île à cette infrastructure. La question énergétique semble cristalliser l’opposition entre l’Exécutif territorial et Femu a Corsica qui demeure inflexible. L’Huma ne passe toujours pas Questionnée sur l’opportunité de la présence d’un stand de l’Agence du tourisme à la Fête de l’Humanité mi-septembre, Vanina Pieri, a affiché elle aussi son inflexibilité. « La Fête de l’Huma (…) est une manifestation à caractère politique dont les recettes servent au financement du Parti communiste français. Permettez-moi de m’élever contre cet usage de l’argent public », a asséné Marcel Francisci, suscitant le sourire du Conseil exécutif au complet et d’une partie des groupes de gauche. Lorsqu’il a employé l’expression « les camaraderies passées », des regards amusés se sont tournés vers Dominique Bucchini, qui, du haut de son perchoir, semblait apprécier ce divertissement. « Je vous remercie de votre saine inquiétude de l’usage de l’argent public, monsieur le conseiller. (…) L’ensemble des engagements financiers s’élève donc à 22.221, 42 euros et a mobilisé sur place un seul salarié de l’Agence pendant trois jours. Le tout représente donc 0,00659% du budget primitif de 2010 pour un total d’actions de promotion de 3 366 000 euros. (…) », a rétorqué, sans dissimuler son amusement, Vanina Pieri. La participation de l’ATC à la traditionnelle fête communiste ne passe pas dans les rangs de la droite. Pourtant, a insisté la conseillère exécutive et président de l’ATC, ce rendez-vous, qui « réunit nombre d’associations, de collectivités ainsi que tous les Comités régionaux du tourisme mais aussi les ministères de l’Industrie et de la Culture », s’est avéré être une formidable vitrine pour la promotion de la destination corse. « La fréquentation a avoisiné les 600.000 visiteurs », a ajouté Vanina Pieri qui s’est refusée à commenter les suspicions de financement indirect du PCF émises par Marcel Francisci. Défiance, interrogations, explications, oppositions, mouvements d’humeur… sont le signe, tout bien considéré, d’un fonctionnement sain de la démocratie. M.K

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