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Peur du lendemain : même Barroso balise !

jeudi 9 décembre 2010, par Journal de la Corse

BarrosoComme beaucoup d’entre vous, je m’inquiète de l’avenir. José Manuel Barroso aussi ! Ce qui est autrement plus angoissant. De quoi peut-on bien rêver aujourd’hui alors que l’ascenseur social est en panne et que l’état de la société corse, de la France, de l’Union Européenne et du monde interdisent d’espérer des jours favorables. Chez nous, les efforts pour s’instruire et construire sa vie par le travail sont bafoués par les pouvoirs du clientélisme, du réseau, de l’affairisme et de la voyoucratie. Sans se compromettre ou se renier, il est de plus en plus ardu de se faire une petite place au soleil. Pour les plus faibles et la plupart des femmes, cela devient même mission impossible. Au plan national, s’il reste de belles opportunités de s’en sortir, il est vrai également que la société s’avère pauvre en valeurs, impitoyable et intolérante. Les sphères économiques et politiques ont des comportements trop souvent à l’opposé de la responsabilité sociale et de l’intérêt général. Elles se laissent même aller à dresser les personnes, les communautés ou les catégories sociales les unes contre les autres. Dans le concert européen, les fausses notes couvrent celles de la Neuvième symphonie de Beethoven. Les égoïsmes mercantiles et les considérations électoralistes poussent les gouvernements à détricoter l’Union Européenne. Enfin, à l’échelle de la planète, la guerre, la misère, l’intolérance religieuse et la loi du marché l’emportent sur les efforts visant à accroître le bien-être des sociétés et des individus. Aussi, comme beaucoup d’entre vous, je m’inquiète de l’avenir de nos enfants et de nos petits-enfants. Une mondialisation sans foi ni loiLes plus optimistes estimeront sans doute, en lisant ces lignes, que j’exagère et sombre dans un pessimisme frisant l’état dépressif. J’aimerais qu’ils aient raison, mais je crains fort le contraire. Nombre d’économistes et de penseurs considèrent que le monde est très malade et que les équilibres économiques, sociaux, culturels et spirituels qui le maintiennent encore debout, risquent de disparaître sous la poussée d’une mondialisation sans foi ni loi, ignorante de l’humanisme ou même de la charité la plus élémentaire. Je suis plus préoccupée encore quand je constate le discours alarmiste d’un homme qui nous avait davantage habitué à louer les systèmes économiques et technocratiques en place, qu’à les contester. En effet, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a récemment fait part de son inquiétude que prenne force « une poussée populiste des extrêmes en Europe ». Selon lui, dans des sociétés « qui ont une grande tradition d’ouverture et démocratique », on constate « une poussée nationaliste, chauviniste et xénophobe » et parfois même « un populisme très, très agressif ». D’où son appel « aux forces démocratiques et pro européennes » afin qu’elles usent de pédagogie pour expliquer les valeurs de solidarité entre les sociétés et les pays qui sont censées porter et cimenter l’Union Européenne. S’adressant à la France qui s’est distinguée cet été en traitant la question des Roms à partir de postures unilatérales, simplistes et autoritaristes aboutissant à stigmatiser ce peuple et aussi la Roumanie et la Bulgarie ; il a explicité son propos général en ces termes : « Il faut que les hommes politiques français expliquent rationnellement aux citoyens pourquoi nous avons besoin de plus d’Europe et n’alimentent pas des populismes contre l’Europe ». Barroso inquiet, il y a de quoi baliser...Alexandra Sereni

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