Ruralité : une alternative au tout HLM On a beaucoup parlé de la précarité et du logement HLM durant l’ouverture des Assises du foncier. J’aurais aimé que l’on traite davantage des opportunités offertes par la ruralité. La Corse de la ruralité est mal en point. Les villages se vident de leurs habitants. L’activité décline. Le dernier bar reste fermé une bonne partie de l’année. Les jeunes ne trouvent pas de travail. L’école et la poste ferment leurs portes. Les personnes âgées vivent dans la solitude et craignent le jour où leurs jambes ne les portant plus, elles devront se résigner à être admises dans une « maison ». Heureusement, tout n’est pas désespérant. Des villages résistent et même repartent de l’avant. Des maires se battent pour que se développent leurs communes. Les Conseils généraux entretiennent les routes, aident à la restauration du patrimoine, soutiennent la solidarité et le lien social. Cela étant, la situation reste préoccupante. Le souffle de la Corse J’aurais d’autant plus souhaité que les Assises du foncier s’emparent davantage de la question rurale puisqu’une bonne partie des solutions à la précarité et au logement social, et à bien d’autres problèmes, réside probablement dans un renouveau de la ruralité. En faire une vraie priorité irait d’abord dans le sens d’une revitalisation et d’une réappropriation de nos valeurs traditionnelles et d’une véritable intégration des populations nouvelles. C’est dans le monde rural que subsiste et se manifeste le souffle de la Corse que nous aimons. La Corse de la terre nourricière. Celle des racines spirituelles morales et culturelles dont nous avons besoin pour rester peuple corse. Celle d’une langue parlée au quotidien et non « pour faire identitaire ». Pour détourner nos jeunes d’origine insulaire ou non, des dérives de la société moderne, je crois davantage à une redécouverte de notre terre, de nos bâtis anciens et de nos traditions, qu’à tous les dispositifs copiés sur le l‘action sociale en banlieue. Ce qui se fait à Ajaccio, Bastia ou ailleurs est si consternant que le charisme du dernier des imams, le charme de nos voyous « à nous » ou l’appât du gain et du bonheur artificiel distillé par le plus crasseux des dealers, s’avère plus attractif que les centaines de milliers d’euros dispensés dans les associations et autres dispositifs compliqués. En effet, les messages de citoyenneté et de tolérance en « plaqué or » diffusés par ces structures et actions, sonnent tellement faux et sans fondement culturel ou spirituel, qu’ils finissent par ne plus convaincre que leurs émetteurs. Faire du social… Il me semble aussi que la ruralité pourrait ouvrir sur des solutions plus pérennes et humaines en matière de logement et de lutte contre la précarité. Plutôt que de construire à l’infini des HLM et d’y mettre sous perfusion RMI des familles, pourquoi ne pas aider des propriétaires à rénover les vieilles maisons et les inciter ainsi à y loger des familles. Ce qui, accompagné de politiques des « emplois verts » et d’aide à la personne prenant appui sur le RSA (politiques en partie conduites par les Conseils généraux), permettrait de pérenniser des parcours d’insertion, tout en apportant des populations nouvelles et jeunes à nos villages. Il serait temps de sortir des logiques d’assistant et des approches misérabilistes que développe « certaine liste ». Faire du social et intégrer n’est pas installer des populations dans la dépendance des allocations, les river à vie aux HLM, vouloir créer des emplois de fonctionnaires et « faire payer » les riches. Le social devrait avant tout être de la socialisation. C’est-à-dire aider les publics concernés à retrouver des valeurs partagées et surtout l’autonomie nécessaire à la réalisation d’un parcours de vie. Alexandra Sereni