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On en parlera demain

vendredi 10 septembre 2010, par Journal de la Corse

Demain Charcuterie corse : tout n’est pas rose ! Les visiteurs raffolent de la charcuterie « de chez nous  ». Cet été, les producteurs et les revendeurs ont encore prospéré. Mais cela pourrait ne pas durer. Il suffit de se promener sur les marchés d’Ajaccio ou de Bastia, ou encore de se rendre dans les différentes foires pour constater l’engouement des visiteurs concernant les produits identitaires, et plus particulièrement  la charcuterie « Â de chez nous  ». Ils sont d’autant plus séduits que l’offre s’est adaptée. Il est par exemple souvent possible d’acheter des produits prédécoupés et conditionnés sous vide. Il convient aussi de reconnaître que la présentation devient plus attractive, soignée et rassurante au plan sanitaire. L’étiquette illustrée et colorée, l’étalage décoratif et la réfrigération ne sont effectivement plus des raretés. Ces progrès et ceux réalisés par des producteurs soucieux d’authenticité et de qualité, ne doivent toutefois pas faire oublier que « Â tout n’est pas rose  » dans l’univers de la charcuterie corse. Il importe aussi qu’ils ne servent pas àocculter une éducation et une demande des consommateurs allant vers toujours plus d’exigence identitaire et gustative. Ne pas tenir compte de ces réalités et de ces évolutions pourrait bien un jour prochain tuer la poule aux Å“ufs d’or. Pour la création d’un Label rouge Certains continuent de surfer sur la vague de la facilité se disant qu’il y aura toujours des « Â gogos  » pour acheter n’importe quoi àprix d’or. Même du figatellu au mois d’aoà»t ! D’autres réfléchissent et agissent. L’AREP (Association régionale des éleveurs de porcs) appartient àces esprits lucides et entreprenants. Organisatrice de « Â A Fiera di i purcaghji  » -rendez-vous des producteurs, des institutionnels et des consommateurs, ainsi que vitrine des savoir-faire traditionnels de l’élevage porcin et de la production de charcuterie - cette association est aussi àl’initiative d’un combat pour la création d’un Label Rouge de la charcuterie corse. C’est d’ailleurs dans ce cadre qu’elle a, il y a quelques mois, fait réaliser une enquête auprès des consommateurs, portant sur leurs comportements et leurs attentes. L’enquête a été conduite dans les règles de l’art. Les réponses obtenues ont clairement indiqué une demande forte d’identité, de qualité et de traçabilité. Certes ces consommateurs étaient des résidents, mais l’évolution des comportements observables chez nous allant dans le sens de celle perceptible ailleurs en Europe, il est raisonnable d’estimer que les dominantes des exigences de la clientèle locale ne différent guère de celles des clients de passage. Ras-le-bol des « Â petits malins  » Il est ressorti que 38 % des consommateurs préféraient acheter la « Â charcuterie corse  » aux producteurs, qu’un quart d’entre eux le faisait sur les marchés, que 14 % faisaient confiance aux bouchers et que 8 %  s’approvisionnaient dans les grandes ou moyennes surfaces. Toutefois, le plus grand enseignement a été que beaucoup de personnes sondées étaient en recherche d’identité, de qualité et de traçabilité. En effet, 66 % d’entre-elles regrettaient une « Â origine confuse  ». Près de 100 % souhaitaient une codification, un contrôle et une transparence garantissant l’origine identitaire des matières premières et le caractère traditionnel de la fabrication. Plus de 90 % demandaient que l’on puisse identifier les produits. En définitive, l’enquête a conforté la démarche de l’AREP en faveur d’un Label Rouge. D’évidence, il existe un ras-le-bol àl’encontre des « Â petits malins  » qui font leurs affaires sur le dos des professionnels honnêtes et des consommateurs, en produisant et commercialisant « Â n’importe quoi  », et qui font fi du risque de dévaloriser et discréditer toute une activité traditionnelle. Alexandra Sereni  

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