Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), en 2010, les émissions de dioxyde de carbone ont battu un record historique. Elles ont atteint 30,6 gigatonnes, soit 5 % de plus que le précédent record de 2008 (29,3 Gt). Or si l’on ne réduit pas drastiquement ces émissions, il y a 50 % de risques que l’augmentation de la température dépasse les 4°C vers 2100. La chaleur deviendrait insupportable dans certaines parties du globe et cela mènerait son les experts à des famines gigantesques, des migrations de masse et à des conflits notamment causés par le manque d’eau.
Le paradoxe économique
L’homme n’est pas le seul acteur de ce réchauffement. Les scientifiques ont noté une activité solaire sans précédent. Mais l’activité humaine est le seul facteur sur lequel nous puissions jouer. Problème : il est contradictoire avec la croissance économique. La crise avait provoqué en 2009 un recul des émissions de CO2. Mais le retour à la croissance dans les pays émergents a provoqué le pic actuel. Or les pays émergents, comme la Chine, sont responsables des trois quarts de l’augmentation des rejets de CO2. Plus paradoxal encore, c’est l’énergie atomique qui produit le moins de CO2 et l’AIE craint que la sortie du nucléaire ne favorise l’utilisation des énergies fossiles qui représentent déjà 44 % des émissions. De plus, un renchérissement du coût de l’énergie pénaliserait essentiellement les plus pauvres.
L’arc méditerranéen en danger
L’arc méditerranéen est directement menacé. Les pays qui l’occupent risquent de payer le prix fort. La Grèce, déjà pénalisée par la crise, va devoir payer à cause du changement climatique un coût supplémentaire estimé entre 436 à 701 milliards d’euros d’ici à 2100 si on en croit la Banque de Grèce, dans une étude inédite rendue publique mercredi 1er juin. Cette étude qui est aussi valable pour toute la zone sud de l’Europe, souligne la fragilité face à une montée du niveau de la Méditerranée d’un pays dont les côtes font 16 300 km. Près de 1 000 km de cette ligne côtière seraient menacés. Les précipitations risquent d’être réduites de 5 à 19 % par rapport à leur niveau actuel tandis que les périodes à hauts risques d’incendie de forêt s’allongeraient d’une quarantaine de jours. Une autre menace est la montée des eaux qui pourrait être de d’un mètre d’ici un siècle en raison du réchauffement climatique selon un rapport australien rendu public lundi 23 mai. Dans certains cas, des catastrophes qui se produisent actuellement une fois par siècle, surviendraient une fois par an. L’île de Chypre, par exemple, doit importer de l’eau provenant de Grèce pour faire face aux graves pénuries dans le pays. Le premier des six tankers qui devraient mouiller à Chypre lundi, transportera 50000 mètres cube d’eau. D’ici novembre prochain, l’île de Chypre aura importé 8 millions de mètres cube d’eau en provenance de la Grèce. Les scientifiques affirment que les précipitations moyennes locales ont chuté de plus de 20 % au cours des quatre dernières décennies. L’île compte deux usines de dessalement fonctionnant à plein régime et une troisième usine de ce genre devrait devenir opérationnelle cette année. Les réservoirs d’eau étaient seulement à 7,5 % pleins jeudi. Contenant près de 20462 mètres cubes d’eau au total, les 17 principaux réservoirs de Chypre contiennent moins de la moitié de la quantité d’eau qui sera acheminée par bateau la semaine prochaine. Les responsables turcs de Chypre ont déclaré qu’une compagnie turque étudiait la possibilité d’importer de l’eau via un pipeline, mais ils ont ajouté que l’étude en était toujours au stade préliminaire. La Corse est la seule île qui pourrait être épargnée du fait de ses capacités aquifères. Son seul problème est la gestion de cet or liquide dont elle a confié en partie la gestion à des sociétés privées qui la lui revend… à prix d’or. La Corse est le château d’eau de l’Europe méditerranéenne. À elle de reprendre son bien pour en faire profiter ses habitants. Les réserves d’eau baissent dans le monde au point que certaines guerres futures auront pour enjeu la captation des puits et des fleuves. La Chine connaît une telle pénurie qu’un jour l’eau sera plus précieuse et plus chère que le pétrole.
GXC