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Le libéralisme lamine le monde du travail

mercredi 17 novembre 2010, par Journal de la Corse

À l’occasion du 51e anniversaire de Terre corse, l’organe du parti communiste de Corse, Enrico Porsia, journaliste indépendant, présentait son documentaire » Low cost, voyage au pays du capitalisme sauvage » qui dénonçait le scandale de ces compagnies à bas prix véritables pompes à argent public. Ryanair pratique un chantage odieux sur les pouvoirs locaux : où vous nous donnez de l’argent ou nous nous en allons. C’est ce qui se passe à Marseille et à Figari où la compagnie low cost a décidé de déserter le terrain durant la morte-saison jugée non rentable. Ce racket organisé démontre seulement que les entreprises à bas prix ne sont pas rentables sans la perfusion de l’argent public. Pourquoi dans un pareil cas ne pas donner cet argent au service public ? Un racket organisé On nous a bassinés durant deux décennies avec l’idée que le service public n’était pas rentable, que l’économie avait changé et qu’il allait falloir s’adapter. Comment ? En dégraissant, en licenciant, en brisant des économies locales, en brisant des existences. Or le libéralisme n’a rien changé. Les crises se succèdent aux crises avec leur cortège de misères, de colères et de chagrin. Les campagnes sont massacrées par le départ des services publics. Pire : à l’occasion de la crise des subprimes, c’est l’argent public qui a renfloué les banques, ces locomotives du libéralisme économique. C’est avec notre argent, ou plutôt nos dettes, qu’on a permis à ces brigands de la finance de recommencer pire qu’avant. La caricature du système est ces low costs, ces compagnies de transport maritimes ou aériennes qui ne vivent qu’à coup de subventions publiques et brisent les normes collectives. Cinq compagnies low cost, Vueling, Clickair, Ryanair, Easy Jet et Transavia Airlines (filiale d’Air France) ont été sanctionnées par l’Agence catalane de la consommation "pour avoir porté préjudice aux droits des consommateurs". Du côté français, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DCCRRF) est également sur le coup. Ryan air est un bel exemple de piraterie légale. Cette entreprise, située en Irlande, exige pour s’implanter des subventions mirobolantes et la détaxation portuaire. Ce sont ainsi plus de 600 millions d’euros de subventions que Ryan Air reçoit de l’Europe sans compter les services gratuits et la détaxation d’aéroport. Les gains passagers n’entreraient que pour 10 % dans le chiffre d’affaire global. De plus, Ryan Air use de procédés irrespectueux vis-à-vis de leurs personnels. Quant aux passagers, aucune pitié. Le PDG de Ryan air a proposé d’instaurer des places debout, de taxer les gros et de rendre les toilettes payantes. Compte tenu de tout cela, les sociétés low cost proposent des prix extraordinairement avantageux et, ce faisant, casse le marché. Et quand les tribunaux condamnent manquement aux lois sociales ou promesses non tenues, Ryan air menace. Du chantage à haut niveau C’est ce qu’a fait Ryanair en réaffirmant son intention de délocaliser sa base marseillaise en représailles à une mise en examen de son pdg pour "travail dissimulé, prêt illicite de main-d’œuvre, emploi illicite de personnel navigant, entrave au fonctionnement du comité d’entreprise, aux fonctions de délégué du personnel ainsi qu’à l’exercice du droit syndical et au fonctionnement du CHSCT (comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail)". Michael O’Leary a annoncé son intention de fermer la base de Marseille et de relocaliser ses avions et son personnel dans des aéroports non français. En fait la menace date de mai 2010, bien avant que le tribunal ne décide de se prononcer sur le cas du statut des 120 salariés de la base implantée depuis novembre 2006 sur le terminal à bas coût de l’aéroport Marseille Provence. Ces derniers paient des taxes, leur sécurité sociale et cotisent à leur retraite en Irlande. Le véritable enjeu est l’acceptation par la Chambre de commerce et d’Industrie Marseille Provence de mesures économiques encore plus intéressante pour la compagnie irlandaise. Un racket légal Ryanair représente plus de 550 M€ de retombées économiques directes et indirectes pour le territoire Marseille Provence selon la CCI MP. De l’autre côté, Ryanair a investi plus de 300 M€ dans cette base où son trafic est passé en quatre ans de 200 000 passagers à 1,7 million ! En fait, Ryanair exerce une pression très calculée sur Marseille. La compagnie a bien l’intention de revenir à Marseille qui est très rentable mais à ses conditions. En mai 2010, Michaël O’Leary avait évoqué, en cas d’une fermeture de la base, une réduction de moitié du nombre de vols quotidiens de Ryanair à Marseille, d’un tiers du nombre de lignes desservies au départ et à l’arrivée de la cité phocéenne et d’une réduction d’1 million de passagers du trafic de l’aéroport Marseille Provence. C’est ce que vient de faire Ryan air pour ce qui concerne Figari abandonnant la Corse durant l’année pour ne plus profiter que de la période rentable au prétexte que la CCI lui a refusé une subvention de 600000 euros. Il est temps que les milliards offerts aux compagnies à bas coûts, ces vautours de l’économie touristique, servent à rénover les entreprises au véritable service du contribuable plutôt que d’aller dans les poches des patrons voyous. L’économie corse ne s’en portera que mieux. GCX

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