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La Libye encore

vendredi 12 juillet 2013, par Journal de la Corse

La Libye encore

Les conflits violents n’en finissent plus en Libye. Le pouvoir que les Occidentaux ont aidé à s’installer ne pratique pas la démocratie annoncée par ses parrains de Paris, de Londres et de Washington.

Et d’ailleurs comment le ferait-il, confronté qu’il est à l’indiscipline armée des milices créées avec le soutien des mêmes occidentaux pour combattre Kadhafi, sans parler du renouveau de la résistance traditionnelle des grandes tribus à l’égard du pouvoir central. Chacun sait les conséquences désastreuses pour le Sahel, de la manière dont a été conçu et exécutée l’intervention de l’OTAN en Libye. Mais l’opinion publique française est peu informée de ce qui en résulte malheureusement pour ce pays lui-même et pour sa population, de l’Est à l’Ouest et du Nord au Sud. Tout se passe, dans les grandes capitales occidentales, comme si la plupart des dirigeants politiques et des maîtres des grands médias nationaux, n’étaient pas prêts à tirer les leçons de leur triste aventure libyenne. Pas plus à vrai dire qu’ils ne semblent mener de réflexion politique et morale sur la propension occidentale à porter la guerre chez les autres.

Afrique Ce grand pays…

Alors que les hautes autorités africaines tiennent à Paris le langage convenu des relations d’État à État, beaucoup d’Africains francophones s’interrogent et s’inquiètent. Ils se demandent comment il est possible que ce grand pays qu’est la France reçoive instructions et menaces de la Commission européenne sur la gestion de ses finances publiques ; que le FMI soit sur le point de s’adresser à Paris comme il l’a fait à Athènes et à Chypre ; et que l’absence de tout pouvoir sur l’Euro, prive la France d’un levier essentiel pour la relance de l’activité et de l’emploi. De même qu’ils ne parvenaient pas hier à s’expliquer pourquoi la droite néo libérale française acceptait une telle sujétion politique, ils ne comprennent pas que le régime socialiste ne force pas la relance et laisse venir la pauvreté. Et ils se demandent comment il est possible que Paris ne voie pas que la construction d’une Europe de la croissance partagée, ne peut se fonder aujourd’hui que sur la réalité des États. Pour ce qui concerne la relation avec l’Afrique francophone, les questions viennent en force. La France ainsi orientée depuis trop longtemps, va-t-elle continuer à s’effacer derrière une Commission européenne déboussolée et derrière un Conseil de Sécurité instrumentalisé par on ne sait qui  ? Et va-t-elle alors accepter de devenir un partenaire alternatif, un jour présent un jour absent, en attendant de faire comme si elle était la composante supplétive puis aléatoire d’une partie conduite ailleurs ?

L’ERRANCE DE BOZIZÉ

Chassé de la Présidence Centrafricaine, réfugié au Cameroun, puis cherchant à s’installer en Afrique du Sud, avant de devoir rebrousser chemin, François Bozizé va-t-il pouvoir se fixer au Cameroun ou au Bénin ou ailleurs ? La solidarité à l’égard des chefs d’état déchus n’est plus ce qu’elle était.

Cettte page est réalisée en partenariat avec “la lettre de lʼAfrique “ dont le fondateur est Louis Dominici.

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