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La Croatie nouveau membre de la Communauté européenne

vendredi 12 juillet 2013, par Journal de la Corse

La Croatie nouveau membre de la Communauté européenne

La Croatie est devenue le 28e membre de l’Union européenne. Est-ce vraiment une chance pour ce petit pays de 4,4 millions d’habitants qui fête ses vingt ans d’indépendance et qui subit de plein fouet la crise ?

La perle de la Méditerranée

Des paysages qui ressemblent à s’y méprendre à ceux de la Corse avec cependant infimiment plus de vestiges historiques qui témoignent des différentes occupations étrangères. Pourtant, l’essor touristique indéniable ne suffit pas à assurer sa croissance économique. Cela fait maintenant cinq années que la Croatie est entrée en récession. Les maux du pays sont connus : économie atone, demande interne déprimée, chômage élevé, faiblesse des investissements et manque de réformes structurelles. Voilà qui nous rappelle notre propre situation. Le déficit public a atteint 4,3% du PIB l’année dernière et ce malgré les mesures d’austérité prises dans le budget 2013, notamment une hausse de la TVA et de l’impôt foncier, des baisses des salaires dans la fonction publique et des réformes structurelles pour améliorer le prélèvement de l’impôt, c’est-à-dire la volée de remèdes que s’apprête à nous administrer le gouvernement français. Car la Croatie, à l’instar de la Grèce, du Portugal ou de l’Espagne, connaît le cercle vicieux des cures d’austérité provoquant à leur tour une dépression de l’activité économique. Le chômage devient le principal facteur de chômage qui en Croatie atteint près de 20%. Facteur aggravant, les exportations restent faibles et n’occupent que 40% du PIB. Or ses premiers clients sont l’Italie et la Bosnie elles-mêmes en grande difficulté. Les investissements cumulés depuis 2000 ne représentent que 5% du PIB, à titre de comparaison un chiffre inférieur à l’Estonie (9%), la Bulgarie (11%) ou la Slovaquie (6%). Or ces ces investissements ne sont pas assez orientés vers les secteurs exportateurs et restent essentiellement domestiques. Les dirigeants croates espèrent donc que l’argent européen viendra doper leur propre économie. Cela représente 11,5 milliards d’euros de fonds pris sur le budget européen de 2014-2020, soit l’équivalent de 3,5% de PIB par an. Néanmoins, cet argent ne sera utilse que s’il est utilisé de manière à produire lui-même des richesses et non pas comme l’a été en grande partie le PEI corses c’est-à-dire destiné à soutenir artificiellement des sociétés en mal de marchés.

Les conditions européennes

L’entrée de la Croatie dans l’Union européenne a été assortie de conditions draconiennes : restructuration des chantiers navals qui représentaient en 2012, 25 % des pertes consolidées du secteur public et pesaient lourdement sur le budget de Etat, extrêemement prodigue en subventions. Certains sites ont été privatisés comme le chantier rentable d’Uljanik basé à Pula en Istrie,ceux de Split et de Brodotrogir. D’autres encore comme celui de Kraljevica, jugés non rentables ont été fermés et mis en liquidation. Mais surtout, l’Europe a exigé une lutte intraitable contre la corruption. La pression sur le gouvernement croate a été impitoyable. En 2010, l’ex-toutpuissant Premier ministre de 2003 à 2009, Ivo Sanader – le pionnier de l’aventure européenne de la Croatie – a été arrêté et condamné l’an dernier à dix ans de prison pour avoir touché des pots-de-vin de plus de 10 millions d’euros d’une banque autrichienne et d’un groupe énergétique hongrois. D’autres hauts dirigeants ont ensuite été également poursuivis. De nouvelles condamnations sont attendues. Enfin, l’Europe a imposé que les criminels de guerre soient livrés par la Croatie au tribunal international de La Haye. L’Europe a ainsi repoussé, en 2005 , le lancement des négociations d’adhésion jusqu’à l’arrestation du général croate Ante Gotovina. Autant de mesures qui bousculent les Croates dans leurs habitudes culturelles et jusque dans leur histoire. C’est le prix à payer pour espérer s’en tirer.

GXC

L’ARMÉE, ARBITRE EN EGYPTE

L’armée a poussé le président égyptien, le frère musulman Morsi, à démissionner. L’opposition, union de laïcs, de musulmans modérés et de nostalgiques de l’ancien système, ont imposé cette démission au prix de gigantesques manifestations qui ressemblent à celles qui se produisent en Turquie. C’est aussi la démonstration que les classes moyennes n’ont pas l’intention de se laisser confisquer le bénéfice des révolutions démocratiques aussi paradoxal que cela puisse paraître. À suivre… Mais il paraît fondamental que l’équilibre précaire qui existe dans cette région du monde ne soit pas brisé. Aujourd’hui, l’une des clefs de la situation au Moyen-Orient se situe en Syrie. Les Américains ont décidé d’armer une partie des insurgés au risque de donner la victoire aux salafistes. Difficile aujourd’hui d’affirmer des principes qui pourraient mener à une victoire islamiste.

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