Stéphane Vannucci a constitué l’une des grosses surprises lors de la bataille des Cantonales, en détrônant, en mars dernier, Jacques Billard dans son fief du 4e canton d’Ajaccio. Six mois, après, le nouveau conseiller général fait le point sur ses nouvelles fonctions. Il évoque, dans cet entretien, son engagement social, les principaux chantiers auxquels il compte s’atteler ainsi que son avenir politique.
Vous avez constitué l’une des surprises lors des Cantonales de mars dernier. Quel est votre sentiment après six mois de mandat ?
Je tiens, tout d’abord, à remercier, avec ma suppléante Marie Zuccarelli, toutes celles et ceux qui m’ont accordé leur confiance à l’occasion de cette élection. Quant à la surprise, je pense qu’il est difficile de mener, de front, plusieurs campagnes. Sans doute, les habitants de ce canton, quelque peu délaissés, ont-ils eu soif de changement. Aujourd’hui, au terme de six mois de mandat, mes intentions sont toujours les mêmes, voire dédoublées. J’ai, peu à peu, appris à connaître le fonctionnement de cette collectivité. Cela me permet d’aller encore plus à la rencontre des habitants de mon canton, de synthétiser, en quelque sorte, ma perception, de l’enrichir de chiffres en approfondissant chaque dossier et en prospectant à la recherche d’idées nouvelles.
Vous avez rejoint la majorité départementale. Cela signifie t-il que vous endossez, en quelque sorte, une étiquette politique ?
J’ai décidé de rejoindre la majorité départementale simplement pour être mieux épaulé dans les tâches que je me suis fixées dans le 4e canton. D’autant plus que nous aurons, dans les trois ans à venir, de nombreux projets à défendre et à mettre en place. Pour autant, je reste tel que je l’étais, lors de la campagne, sans véritable étiquette politique.
Vous aviez, évoqué, dans votre programme, la mise en place de diverses mesures, notamment la création de trois conseils de quartier. Qu’en est-il, exactement, aujourd’hui ?
Tout se met en place progressivement. J’ai rencontré, à cet effet, les responsables des différentes associations culturelles et sportives du canton. Dans un premier temps, nous allons travailler ensemble puisque, dans le but d’avoir un maximum d’informations, j’ai délégué un référent dans chacun des trois quartiers concernés. L’objectif sera, d’ici l’été prochain, de créer différentes manifestations culturelles ou sportives dans le canton afin, justement, de favoriser cet indispensable lien social entre les personnes. Il faut retrouver cette ambiance d’antan qui s’est perdue au fil du temps pour diverses raisons.
Quelles sont les carences inhérentes au 4e canton ?
Ce sont, quelque part, les mêmes que l’on retrouve un peu partout à l’échelle de la ville. Le contexte social est très préoccupant avec un taux de chômage très important, l’arrivée de la drogue ou les personnes âgées en situation de précarité. On doit créer une dynamique, unir ces populations entre elles à travers différents types de manifestation.
Quels sont, en dehors de l’action sociale, vos autres projets ?
L’action sociale reste, bien entendu, notre priorité. À cet effet, le Conseil Général a versé, depuis le début de l’année, 17100 euros de secours sur fonds départementaux, 45743 euros au titre des fonds de secours et 7000 euros d’ASE (Aide Secours Enfance). Nous allons poursuivre cette action mais également concentrer nos efforts dans d’autres domaines. Dans le cadre de l’amélioration de l’environnement urbain, je peux vous annoncer, d’ores et déjà que, dans le courant de l’année 2012, un chantier de rénovation débutera. Il va s’étendre de la rue Colonna d’Istria jusqu’au Vittulu. Cette rénovation concerne les trottoirs, l’éclairage, les espaces verts et la signalétique. J’aimerais, par ailleurs, aménager une poste cyclable le long de cette départementale ; elle permettrait de rejoindre le Salariu et Capu di Fenu. Enfin, la réfection de la fontaine de Saint-Antoine, patrimoine des Ajacciens, est également à l’ordre du jour. Ces travaux, pris en charge en totalité par le conseil général, sont estimés à 1,2 millions d’euros. Quoiqu’il en soit, je respecterai les engagements pris avant mon élection. En restant un homme de terrain au service de ses habitants, engagé dans l’action sociale concrète et la proximité.
Issu d’une famille de sportifs, vous avez quitté ce domaine pour vous investir dans la politique. Pourquoi ?
J’ai grandi dans ce canton et la question de m’y investir s’est forcément posée à un moment donné. Quand j’ai décidé de partir en campagne pour les Cantonales, il m’était impossible de concilier tout. J’ai donc fait un choix et abandonné le milieu sportif. Il me manque, je ne dis pas que je n’y retournerai pas un jour mais pour l’heure, je reste concentré sur ma nouvelle tâche qui me prend énormément de temps. Ce qui ne m’empêche pas d’être présent autour de mon fils, qui joue au football et, bien sûr, d’assister à toutes les rencontres de l’ACA.
Ancien joueur du club, quel regard portez-vous sur la saison actuelle de l’ACA ?
Tout le monde savait que ce serait difficile, ce n’est une surprise pour personne. Maintenant, j’estime, avec les moyens dont elle dispose, que cette équipe a des atouts à faire valoir et qu’elle peut se maintenir. C’est extraordinaire, pour une ville comme Ajaccio, d’avoir une équipe en Ligue 1. Les gens n’en prennent pas suffisamment conscience.
Dans le cadre de la réforme des collectivités, les Conseils Généraux sont appelés à disparaître en 2013. Souhaiteriez-vous poursuivre votre expérience politique au delà de cette date ?
Il faudra, tout d’abord, attendre le résultat des élections présidentielles en mars prochain. Ces élections pourraient conditionner beaucoup de choses et modifier le paysage politique à l’échelle nationale. Ceci étant, je serais, effectivement, disposé à prendre de nouvelles responsabilités au service, bien entendu de ma ville. Mais il est encore un peu tôt pour en parler.
Est-ce l’annonce de votre candidature lors des prochaines municipales ?
Pourquoi pas ? Au sein d’une équipe unie...
Interview réalisée par Joseph Albertini