PAS POUR DEMAIN L’ADIEU AUX ARMESQuand ramassera-t-on les miettes du nationalisme ? Une telle question, il y a seulement dix ans, aurait fait hurler. Aujourd’hui elle est à peine dérangeante. Est-ce à dire que les hérauts de L’Autre Corse ont remisé leurs oriflammes ? Que les vagues des combattants se réduisent au clapot ? Que les maîtres à penser sont partis sans laisser d’adresse et que les chefs cherchent désespérément à rameuter leurs troupes avec des promesses qu’ils ne sont plus sûrs de pouvoir tenir ?Il semble révolu le temps où la jeunesse corse toute entière, acquise aux idées et aux passions nationalistes, partait à l’assaut des citadelles claniques, soudain ébranlées, alors que l’Etat, quelque peu décontenancé, se demandait comment résoudre cet irritant problème. Aujourd’hui, plombé par des décennies de violence clandestine et de divers dévoiements, le nationalisme corse peine à trouver une nouvelle voie, celle qui, tout en assurant sa survie, pourrait le conduire au tremplin indispensable à de nouveaux élans.Les autonomistes du PNC, le parti de la Nation Corse, et de « Inseme per a Corsica » » tentent de s’y engager. Oui, mais les clandestins se sont pas de cet avis et veulent poursuivre leur chemin vers on ne sait quelle destination. Ils ne sont donc pas près de faire un spectaculaire adieu aux armes. Dans ces conditions, la famille nationaliste risque de s’étioler, devenant une modeste composante de ce peuple corse dont elle avait naguère revendiqué la reconnaissance et qu’elle n’a jamais cessé de sublimer. Elle a été, elle est encore, la gardienne des valeurs culturelles et environnementales sans cesse menacées. Elle reste en première ligne pour la défense de l’identité, de la spécificité, de tout ce qui contribue à faire de la Corse un pays à part entière, différent des autres et par là même attachant. Sa disparition constituerait un sérieux recul de la démocratie. Peut-on vraiment l’imaginer ?