Après la malbouffe, c’est au tour du gaspillage notamment alimentaire d’être sur le banc des accusés du mal qui ronge la société. La crise permet aussi de faire la lumière sur tous ces petits gestes pour cette grande cause. D’ailleurs, certaines associations, comme la Banque alimentaire, proposent des cours pour dépenser moins en luttant contre le gaspillage.
Petits gestes pour bonnes pratiques
Éviter le gaspillage, c’est apprendre à mieux consommer. Il ne s’agit pas de ne parler que de la consommation responsable, mais plutôt de bien utiliser les ressources dont chacun se sert. Par exemple ne pas trop se servir et jeter la moitié de son assiette, ne pas laisser couler l’eau du robinet en se brossant les dents, utiliser un sac plastique pour emballer un aliment qui a déjà un emballage. En France, chaque année une famille de 4 personnes produit 1,5 tonnes de déchets. Difficile d’imaginer que ces déchets soient raisonnables et pas uniquement le fruit d’une utilisation rationnelle. Et il n’est pas question uniquement de réduire la pollution, mais d’apprendre les bons gestes comme d’éteindre la lumière lorsqu’on quitte une pièce, vérifier que ni les robinets, ni la chasse d’eau ne fuit (de 120 à 600 litres gaspillés par jour), ne pas mettre le chauffage à fond (1 degré de plus, c’est 7% en plus sur la facture !) en privilégiant 22°C dans la salle de bains, 20°C au salon et 17°C dans les chambres la nuit, pas plus, ne remplir le frigo que des aliments que l’on va réellement consommer et non pas les laisser périmer, etc.
Engagements à tous niveaux
La Commission européenne a fixé un cap pour réduire le gaspillage alimentaire : le baisser de 50% d’ici 2025. On entend par « gaspillage alimentaire » tout aliment parfaitement comestible qui est jeté ou détourné de l’alimentation humaine. L’Europe a estimé le gaspillage alimentaire tout au long de la chaîne à 190 kg par an et par citoyen. Les Français jettent en moyenne 20 kilos de nourriture par an, dont 7 kilos de produits encore sous emballage, ce qui représente une dépense inutile de 400 € par an. En décembre dernier, le gouvernement a présenté six opérations pilotes pour lutter contre le gaspillage alimentaire. Au niveau du consommateur, une campagne de communication digitale intitulée « manger c’est bien, jeter ça craint » vise à sensibiliser en présentant la lutte contre le gaspillage alimentaire comme un véritable combat citoyen, en donnant des conseils, en proposant des bonnes pratiques et des astuces de consommation. Les initiatives des grandes surfaces alimentaires sont aussi favorisées, puisqu’en tant que fournisseurs et producteurs de denrées (elles en donnent 32.000 tonnes en 2012, soit une hausse de 15%), elles sont la première source de collecte. D’autres acteurs, telles que les associations de solidarité s’engagent à amplifier la collecte et la redistribution au niveau local. Ainsi, en Gironde, la Banque alimentaire récupère les fruits non consommables pour en faire des confitures. La restauration collective est aussi invitée à s’engager, de même que les marchés, avec l’exemple de l’Association nationale de développement des épiceries solidaires (Andes, qui fédère 240 épiceries solidaires en France), qui créé des chantiers d’insertion pour récupérer, trier et reconditionner les fruits et légumes invendus qui sont ensuite distribués aux associations d’aide alimentaire. Sans oublier les villes qui sont parties prenantes en facilitant le ramassage des denrées alimentaires. La ville de Tours joue le rôle de ville-pilote en la matière. Selon les résultats de ces actions pilotes, il y aura un plan national qui sera passé en juin.
Réduire les déchets
En octobre a lieu la semaine européenne de la réduction des déchets. A cette occasion sont menées de nombreuses études. L’une d’elles a révélé que les Français gaspillent majoritairement des restes de repas (25%), des fruits et légumes (25%), des produits entamés (20%) et enfin, des produits encore emballés, du pain et des liquides alimentaires, soit 20kg de nourriture par personne et par an. Avec de nouvelles habitudes et un changement de comportement, il est possible de réduire ce gaspis, à la condition que tous les acteurs de la chaîne alimentaire (production agricole, transformation industrielle, grande distribution, restauration collective et familles) s’impliquent. Mettre les bouchées doubles contre le gaspillage, c’est une idée qui germe et fait son chemin. Et puis après tout, ça ne mange pas de pain.
Maria Mariana