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Gros problème de surpoids

jeudi 31 janvier 2013, par Journal de la Corse

La quantité d’enquêtes sur le surpoids ne cesse de révéler un problème de santé majeur qui a de quoi inquiéter, pas pour des questions esthétiques, mais parce que l’obésité peut avoir des répercussions importantes sur la santé de la personne. Ça n’est pas pour autant seulement un problème individuel, mais bien un problème de santé publique. Elle est considérée comme une maladie par l’Organisation mondiale de la santé depuis 1997, qui l’a placée parmi les pandémies du fait de sa banalisation. Une maladie qui mérite une prévention adaptée.

Enquêtes en tout genre

Selon une enquête Ipsos, les 15-25 ans estiment que l’alimentation n’est pas un poste de dépense prioritaire et 61% d’entre eux mangent leur repas devant un écran au moins une fois sur deux. Même si dans son rapport de 2008 l’InVS (Institut de veille sanitaire) note une stabilisation du surpoids chez l’enfant, un adulte sur six est encore obèse. À l’échelle mondiale, plus de 500 millions d’adultes seraient obèses et plus d’un milliard et demi de gens sont en surpoids. Les pays en voie de développement ne sont pas épargnés, les États-Unis figurant en haut du classement avec un tiers de la population obèse, auquel il faut rajouter un second tiers de gens en surcharge pondérale. D’après un rapport de l’International Association for the Study of Obesity (2007), 22,5% des Allemands et 23,3% des Allemandes sont obèses ; 75,4% des hommes et 58,9% des femmes souffrent d’un excès de poids en Allemagne, les plaçant ainsi en première place en Europe occidentale. Selon une enquête nationale sur l’obésité et le surpoids ObEpi-Roche 2012, la prévalence de l’obésité de classe III est passée de 0,3% de la population en 1997 à 1,2% en 2012 ; la population de 65 ans et plus a un poids moyen de 72,4 kg équivalent à l’ensemble des individus âgés de 18 ans ou plus. La proportion de personnes obèses chez les 65 ans et plus est plus importante que dans la population des 18 ans et plus : 18,7%. Elle est comparable chez les hommes (19%) et les femmes (18,4%). En Corse, 21% des jeunes souffrent d’obésité ou de surpoids. Ce taux serait l’un des plus importants de France, à cause de la fréquence des repas, la sédentarité et la malnutrition.

Comprendre et traiter

L’étude ObÉpi révèle qu’il existe une relation inversement proportionnelle entre niveau de revenus du foyer et prévalence de l’obésité. L’obésité désigne « un excès de masse adipeuse dans l’organisme ; une mesure généralement acceptée de l’obésité consiste à considérer obèse l’individu dont l’indice de masse corporelle (IMC) est égal ou supérieur à 30 ». C’est une maladie multifactorielle compte tenu du nombre des formes cliniques, des mécanismes physiopathologiques et des conséquences pathologiques, avec deux paramètres principaux : l’excès de masse grasse et la répartition du tissu adipeux. Il faut aussi bien comprendre que la tendance à prendre du poids est en partie liée à l’hérédité. En d’autres termes, certaines obésités ont des facteurs familiaux et génétiques, d’autres sont liés aux comportements et aux modes de vie. Autrement dit, l’explosion de l’obésité et du surpoids sur le territoire (41% des hommes et 23,8% des femmes en souffrent en France métropolitaine) placent l’alimentation, l’exercice physique et le sommeil comme véritables questions de santé publique. D’où le plan national nutrition santé (PNNS) et le plan pour l’obésité (PO), qui dispensent bons conseils et bonnes pratiques, et permettent de lutter contre la discrimination des personnes obèses et handicapées. Parce que contrairement à ce que laisse entendre la maxime populaire, non, « on n’a pas le corps qu’on mérite ».

Dangereuse banalisation

Les médias se sont emparés du sujet, à grands renforts de reportages, témoignages ou émissions pseudo scientifiques, avec le risque de banalisation et l’apparition de nouvelles phobies, comme la « globésité ». Mais ce signal d’alarme qui ne cesse de retentir vire également à la « foire aux monstres » tant l’étalage des corps difformes et en souffrance rendent l’obésité spectaculaire et hors normes. Le spectateur subit le phénomène fascination-répulsion, sans oublier le vernis moralisateur « si vous ne correspondez pas aux canons de beauté, c’est votre faute », et de la responsabilisation à la culpabilisation, il n’y a qu’un pas. L’obésité n’est pas un show, mais une maladie, il ne faut pas l’oublier pour vraiment la soigner.

Maria Mariana

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