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Faits d’hier et d’aujourd’hui

mercredi 27 octobre 2010, par Journal de la Corse

Pietrasanta OCTOBRE ROUGE ? Grands défilés à l’appel des syndicats. Protestation contre la réforme des retraites. Attente de la clôture des discussions parlementaires et le vote définitif de la loi par le Sénat. Grèves multipliées plus particulièrement dans les services publics. Grande participation populaire. Crise économique et sociale. Les manifestants et grévistes parlent de plus en plus de bloquer l’économie. Les lycéens appelés à descendre dans la rue. Les raffineries de pétrole occupées et les stations d’essence à sec. La circulation des hommes et des marchandises se bloque. Les ports, les aéroports et les voies publique se paralysent. Les produits alimentaires se raréfient dans les grandes surfaces. Bref, le bras de fer entre le gouvernement et les syndicats se tend à l’extrême. Les risques de débordement des grandes centrales syndicales se multiplient, en même temps que les affrontements. On a même vu un lycée du Mans réduit en cendres par un incendie. Ici et là on a entendu des déclarations enflammées. Certains réclamaient la grève générale, pendant que le recours à la grève reconduite tentait de s’imposer. Jusqu’à présent le fameux « Grand Soir » de la révolution est cependant demeuré à l’état de fantôme comme celui du siècle dernier. Mais le bras de fer s’était durci. Avec, parfois, des retours rhétoriques au passé. Ainsi le sympathique Olivier Besancenot, en bon élève d’histoire, a lancé un appel « à un nouveau mai 68… pour faire échec à ce gouvernement qui pratique le mépris et la répression. » « Il faut – dit-il – être plus fort qu’en1995 ou en 2003. » Notre jeune homme n’était sans doute pas né en 1968. Il est donc excusable de ne pas savoir encore que l’insurrection de cette année-là n’avait pas été si forte que çà. Toutes les tentatives des chefs trotskystes, maoïstes, anarchistes, activistes d’alors, tous adeptes de la violence, pour déborder Georges Seguy et la CGT se sont terminées par un lamentable échec. Tout au plus les extrémistes du PSU (parti socialiste unifié) d’alors avaient-ils réussi à infiltrer la CFDT de cette époque. Elle apparaissait comme un syndicat révolutionnaire. Il est vrai que Georges Pompidou revenant d’Afghanistan avait, lors des premières bagarres du quartier latin accepté dans un discours les revendications de la « Commune Etudiante ». Cette concession fut interprétée comme une grande victoire révolutionnaire. Il est vrai aussi que la protestation de la jeunesse à laquelle la société ne faisait pas sa place, avait des raisons d’être, et que le Premier ministre en avait tenu compte dans sa déclaration. Georges Seguy, leader de la CGT, lui, dénonça les « provocations aventureuses » Le 30 mai 1968, après un voyage en Allemagne pour rencontrer le général Massu et s’assurer du concours de l’armée, De Gaulle prononça un discours d’une grande fermeté. Le lendemain la manifestation gaulliste sur les Champs Elysées vit déferler une marée humaine. Aussitôt le chef d’Etat procéda à un remaniement ministériel. A la suite d’un progrès rapide des négociations, l’activité se rétablit la première semaine de juin. Dés le 1er juin, le mouvement de mai avait été lâché par ses troupes. Il disparut en quelques jours. Il ne pouvait vaincre que par la capitulation du régime. Ce ne fut pas le cas. Aujourd’hui la situation est différente. L’histoire ne repasse jamais ses plats. Marc’Aureliu Pietrasanta

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