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Entre obscénité et vulgarité

jeudi 16 juin 2011, par Journal de la Corse

Medias 24 ore

24 ore, à la pointe de la presse tabloïd. Allelujah ! La presse corse, grâce l’audace de notre confrère, a un peu pénétré la presse à scandale. En première, 24 Ore, le quotidien hebdomadaire a représenté une main (virile, forcément virile) harponnant à la hussarde un arrière-train (évidemment féminin) avec une vigueur qui tient plus du sado masochisme que du câlin. Tissu froissée, doigts fureteurs… bref le grand jeu. Et tout ça pour nous nous guider « À la recherche du DSK corse ». Pardonnez du peu. Quel programme ! Le Thalassa du caleçon et le Ushuaia de la petite culotte. La Méditerranée africaine est au bord du chaos, Yvan Colonna affronte ses juges. De la gnognotte que tout cela. 24 ore a déniché le véritable trou noir de l’actualité. Le DSK Corse. Avec un de ces clins d’œil aguicheur digne de la rue Quincampoix, 24 ore harponne le chaland et l’invite à retrouver le « Dominique la soubrette » à l’usu corsu.

Un journal qui ne ressemble pas à son titre

24 Ore est une sorte de désordre temporel. Le titre quotidien produit de l’hebdomadaire. IL en va de même pour cet article qui promet des révélations graveleuses et s’en tire avec quelques redites somme toute médiocres. Car, enfin, qui serions-nous si nous n’étions pas capables de produire, nous aussi, ce que la France apporte de meilleur au monde c’est-à-dire ce DSK devenu en une heure un simple cas d’école. Le pari de 24 Ore était audacieux : tenter de transformer le vulgaire en information, l’obscène en révélation. Hélas, mille fois hélas, l’obscène ici reste l’obscène et le vulgaire ne dépasse pas le cas-niveau. Car la double page intérieure ne justifie en aucun cas l’audace cultuelle de la couverture. Ce n’est là qu’un vague resucé (pardon pour la formule) d’écrits éculés (encore pardon) le tout couronné par une photo coquine d’un Émile Zuccarelli semblant vouloir croquer une femme. Que vient faire l’Émile dans cette galère ? On ne le saura jamais. À force de concupiscence, 24 Ore se vautre dans l’incongru.

Le sexe, le pouvoir et la politique… et l’argent

La première a fait miroiter une Corse libidineuse digne d’un DSK. La montagne a accouché d’une souris libidineuse. Et de ce néant, on ne peut tirer qu’une conclusion. Notre petite Corse est en définitive plus morale que la vaste France. Non qu’elle l’ait voulu. Mais notre microsociété nous oblige bien souvent à plus de rigueur que ne se le permettent les puissants compétents en tout à les entendre et cependant souvent obsédés par les bas-fonds humains. Et comme l’affirme un proverbe éculé à force d’être mis à toutes les sauces. « plus le singe monte haut dans l’arbre plus on voit son cul. » Et celui des puissants avec un grand P produit souvent des vents nauséabonds mais aussi insignifiants. En l’occurrence, en matière de gente simiesque, 24 Ore a ici la dimension d’un ouistiti, animal honorable, mais néanmoins doté de dimension riquiquite. Les responsables du journal auraient pu ajouter au triptyque sexe, pouvoir et politique celui de l’argent qui, ici, a ouvert la porte d’une vraie vulgarité. Espérons seulement que cette timide incursion dans le monde du tabloïd aura permis de gagner de quoi survivre encore un jour ou une semaine de plus.

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