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Elections à la Chambre d’agriculture de Corse-du-Sud

jeudi 31 janvier 2013, par Journal de la Corse

Stéphane Paquet, candidat FDSEA-CDJA

À la tête d’une liste d’union, Stéphane Paquet, qui n’est pas un inconnu dans le milieu de l’agriculture, brigue la présidence de la Chambre d’agriculture de Corse-du-Sud. Ancien président du Crepac, il est également à l’origine de l’attribution de l’AOC charcuterie corse avec le syndicat de défense et de promotion de la charcuterie corse. À une semaine des résultats, cet éleveur du Taravu nous livre son sentiment sur cette élection et les perspectives qu’il envisage en cas de victoire.

Vous avez choisi de présenter votre candidature pour l’élection à la Chambre d’Agriculture de Corse-du-Sud. Pourquoi ?

Je m’investis depuis plus de 25 ans, dans ce métier. Depuis tout ce temps, je n’ai cessé de m’impliquer, notamment dans la mise en place de l’AOC charcuterie ou au sein du CREPAC. Aujourd’hui, nous rencontrons de gros problèmes, les agriculteurs corses sont livrés à eux-mêmes. Depuis six ans, on ne voit plus, dans les régions de montagne, un technicien de la Chambre d’Agriculture. Tous ces paramètres ont motivé le choix de cette candidature.

Sur quoi, les dissensions avec l’équipe sortante, reposent-elles ?

Sur le fond, nous sommes proches, c’est la manière de procéder qui diffère. L’équipe sortante n’a travaillé ni sur les filières ni dans l’intérieur. Et l’absence de consensus est un lourd handicap. Aujourd’hui, nous sommes 3000 agriculteurs en Corse, pour défendre la profession on ne peut plus se permettre d’être divisés. Or, la Chambre de Corse-du-Sud est complètement isolée. Il n’y a plus de discussions, ni avec celle de Haute-Corse, ni avec la Chambre Régionale, ni avec les JA des deux départements, et encore moins avec la FDSEA.

Quels sont vos objectifs en cas d’élection ?

Tout d’abord créer un consensus régional pour défendre la profession. Pour cela, la première chose à faire sera de rencontrer tous les agriculteurs, faire des audits sur les exploitations pour voir ce qui va et ce qui ne va pas. Pour le développement agricole, notre ambition est de parvenir à mettre en place, dans toutes les filières, des signes de qualité tels que l’AOC. Pour cela, il faut fédérer les gens et leur donner la possibilité de pouvoir se réunir et échanger.

L’avenir de la profession ?

Je suis optimiste. On a fait une liste d’union CDJA-FDSEA. C’est la première fois que l’on a autant de jeunes agriculteurs. La plupart d’entre eux ont moins de 40 ans. Dans toutes les filières, ces jeunes sont très motivés, ils veulent que les choses avancent. C’est un signe fort.

Comment voyez-vous l’agriculture dans le prochain Padduc ?

Le problème est très simple, à mon sens : aujourd’hui, on n’a plus le droit de céder le moindre mètre carré de terre agricole ! Il y a, en Corse, des terres agricoles à forte valeur ajoutée, à fort et moyens potentiel, on doit se battre pour les garder. On doit, également, avoir des baux avec les propriétaires, il faudra travailler dans ce sens, et renouer, avec eux, un climat de confiance.

Comment, avec la prochaine PAC, comptez-vous défendre le dossier corse à Bruxelles ?

Il s’agit de faire reconnaître les spécificités de notre île. Pour cela, nous avons, au niveau de la FDSEA et de la CDJA, des relais à Paris ; ils ont soutenu notre campagne et constituent un atout important pour faire entendre notre voix à Bruxelles.

Comment attirer, aujourd’hui, les jeunes corses vers l’agriculture ?

Le métier est beaucoup moins dur de nos jours. Il suffit de démontrer aux jeunes que l’on peut bien gagner sa vie dans cette profession. Nous allons tout mettre en œuvre pour axer les filières sur la qualité.

Que vous inspire la disparition du CREPAC, dont vous avez été le président ?

C’est une erreur. On avait un outil de promotion qui appartenait aux agriculteurs, il est passé à l’ODARC. Avec cet office, cela ne fonctionne, certes, pas comme on le voudrait mais ce n’est pas en boycottant les réunions que l’on va faire avancer les choses. Il va falloir s’investir et trouver des solutions à court terme. Ensemble. Cela nécessite un travail en amont, au niveau de la Chambre.

Interview réalisée par Philippe Peraut

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