Une vie pour les autres
Ce 26 juillet, Doris Natali-Bravin était décorée de l’ordre national du mérite. Une distinction qui récompense la présidente de l’association « connaissance de la Corse » pour trente cinq années d’implication dans le milieu associatif. Rencontre avec une femme peu ordinaire… Des tas de personnes méritent beaucoup plus cette distinction que moi. Je suis récompensée pour des choses qui me font plaisir alors que d’autres s’investissent au profit de gens qui sont dans le besoin. Quand Doris Natali-Bravin évoque la distinction à laquelle elle a été élevée, ce jeudi (l’ordre national du mérite), elle s’efface, refusant les feux de la rampe. Humble, elle met, pourtant, près de quarante années passées au service des autres, de son prochain.
De Bône à Ajaccio
Son parcours, pour le moins atypique, a débuté à Bône, ville algérienne où elle naquit dans l’entre deux guerres et dont elle gardera ce parfum, trace indélébile que conservent les natifs de l’ancien département français. Il s’est poursuivi, par la suite, à Valenciennes avant qu’elle ne se laisse séduire par l’île de Beauté, il y a quarante ans. Ancienne institutrice, Doris Natali-Bravin a puisé, au gré de ses émotions, l’inspiration nécessaire pour développer l’art de la poésie. Fondatrice, en 1967, du cénacle Froissart, elle a publié dans diverses revues et obtenu maintes récompenses, telles la Rose d’Or des Trouvères (Le Touquet, 1968), le prix de la fondation Michel Ange, à Corte (1977) ou le prix de l’association internationale des Belles Lettres (Marseille, 2002). Certains de ses poèmes, réunis dans l’ouvrage « Et plus tard un Ange », vont être, prochainement édités par la librairie « La Marge ». Mais c’est la volonté d’aider les autres qui jalonnera la vie de cette bônoise d’adoption. En 1976, elle crée l’association « Connaissance de la Corse », dont la vocation est d’aider les personnes seules. « Tout est parti d’un constat simple à l’époque : les Corses ne connaissent pas leur île. On a créé l’association et l’on faisait une sortie par mois et un voyage à l’étranger par an. »
Une vocation : l’amour des autres
Le goût du voyage, deuxième fil conducteur de Doris, permettra aux adeptes de l’association de découvrir, outre les reliefs de la Corse, des pays tels que la Turquie, l’Egypte, l’Angleterre, l’Ecosse, entre autres. « Le voyage, c’est quelque chose qui est dans mes gênes, rappelle t-elle, logique de par mes origines napolitaines et vénitiennes. » L’un de ces ancêtres, Rosario Pisani, fut compagnon de Laurence d’Arabie. Ceci explique sans doute cela. Aujourd’hui, la poésie et goût du voyage se sont quelque peu estompés, « je n’ai plus d’inspiration pour écrire. Quant aux voyages, je les fais depuis la terrasse du Belvédère, d’où je regarde arriver et partir les bateaux. » L’amour des autres est, lui, resté immuable pour la présidente de « Connaissances de la Corse », par ailleurs, vice-présidente de la FALEP depuis 25 ans. Deux associations au sein desquelles elle s’implique corps et âme. Tout comme avec « Les dames du Rosaire ». « Preuve, conclut-elle, que laïcité et religion peuvent être complémentaires… »
Ph.P.