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Denier de l’Eglise : un bon geste

mardi 21 décembre 2010, par Journal de la Corse

Demain Demain

En ces journées de décembre où beaucoup d’entre nous ne regardent guère à la dépense, donner à l’Eglise apparaît une action appropriée.

Bientôt Noël. Dans les paroisses où un prêtre est encore présent, nous célèbrerons à l’église et en famille la Nativité. A minuit, nous nous réjouirons de la venue de l’Enfant divin. De retour à la maison, les tout petits se précipiteront sous l’arbre scintillant pour découvrir les cadeaux apportés par le Père Noël. Tout cela fait partie de la vie de beaucoup d’entre nous depuis l’enfance. Nous espérons que cela restera une tradition bien établie durant très longtemps et que notre descendance connaîtra ces merveilleux moments. Mais l’habitude et les actions commerciales ne peuvent suffire à maintenir la tradition. La foi n’est pas non plus une garantie suffisante. Pour pérenniser la magie de Noël et plus globalement la parole de celui qui est né à Bethléem, il convient aussi que vive son Eglise. Or celle-ci est aujourd’hui affectée par plusieurs menaces. Il y a une crise de la foi, le dénigrement systématique orchestré par certains médias et les persécutions à l’encontre de nombreuses communautés chrétiennes. Mais il y a aussi l’insuffisante mobilisation de la plupart d’entre nous. Pour continuer à porter la parole du Christ, l’Eglise a besoin de lieux et d’hommes. Or cela nécessite de l’argent.

La contribution volontaire des fidèles

Cet argent, seuls les fidèles, c’est-à-dire chacun d’entre nous, peuvent l’apporter. En effet, alors que des Etats comme l’Autriche pourvoient aux besoins du culte à partir d’une fiscalité dédiée, ce n’est pas le cas chez nous. Dans notre île, nous n’échappons pas à la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Nous sommes aussi soumis à une laïcité frisant trop souvent la politique de déchristianisation. Tout a commencé lors de la Révolution française quand les biens de l’Église furent confisqués. Si le Concordat napoléonien redonna quelque légitimité spirituelle à l’Eglise, il n’imposa pas la restitution de ses biens et la plaça sous la tutelle institutionnelle et financière de l’État en prévoyant « un traitement convenable aux évêques et aux curés ». La loi de séparation de l’Église et de l’État de 1905 a mis fin à ce statut en imposant que la République ne reconnaisse, ne salarie ou ne subventionne aucun culte. Pour survivre, l’Eglise de France a donc eu besoin de recourir au denier du culte (officiellement appelé denier de l’Église depuis 1989), c’est-à-dire à la contribution volontaire des fidèles.

C’est vraiment cool

Le denier de l’Eglise permet la rémunération et le paiement des charges sociales des prêtres et des laïcs salariés travaillant pour l’Église. Il sert également à financer l’entretien, le chauffage, les assurances, les frais de catéchèse, l’action pastorale et l’aide aux plus démunis. Il est donc essentiel que les croyants s’en acquittent. Pour ce faire, la période de Noël est particulièrement indiquée. En des journées où beaucoup d’entre nous ne regardent guère à la dépense, donner à l’Eglise apparaît une action appropriée. Les plus riches d’entre nous ont l’opportunité de faire une bonne action et peut-être aussi de se racheter à bon compte du péché d’amour du lucre. Les moins fortunés peuvent verser quelques euros sans que leur générosité soit estimée à l’aune de leur don. Les plus radins auront la bonne fortune de constater que 66 % de leur don sera déflaqué du montant de leur impôt que le revenu. De plus, grâce à cette réduction d’impôt, les corsistes, les nationalistes et les libéraux ont une occasion en or de priver l’Etat d’un peu d’argent. C’est vraiment cool le denier de l’Eglise...

Alexandra Sereni

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