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Conseil municipal Des finances et du tourisme

jeudi 9 décembre 2010, par Journal de la Corse

Modifications budgétaires et politique touristique étaient les deux principaux sujets sur lesquels se sont penchés les conseillers municipaux. Ambiance plus détendue que les sessions précédentes même si les passes d’armes entre majorité et opposition ont rythmé le débat. « La crise est là », a insisté le député-maire, Simon Renucci. Avec la baisse de la dotation de solidarité urbaine et le gel des dotations globales, les finances de la ville vont être grignotées. « Nous pouvons nous attendre à une baisse de 300 à 400.000 euros », prévoit Charles Cervetti, adjoint aux finances. D’où quelques réajustements nécessaires. Deux emprunts d’un montant total de 6 millions d’euros sont prévus. Le premier a déjà été réalisé auprès de la banque Dexia pour un montant de 3 millions d’euros avec des remboursements sur quinze ans à un taux fixe de 3.23%. Un second prêt de trois millions d’euros a été souscrit récemment auprès de la Caisse d’Epargne, remboursable en quinze ans également à un taux de 3.78%. « L’opposition a déjà voté contre les propositions budgétaires, souligne l’élu d’opposition Fabrice Laudato. Lorsque l’Etat se désengage, le budget local doit aller dans le sens de l’économie. Or, ce n’est pas le cas… ». Evidemment, l’opposition a critiqué la majorité pour ses réflexions sur le désengagement de l’Etat et rappelé que les subventions avaient largement aidé la ville d’Ajaccio comme la Corse. Et les adjoints Paul-Antoine Luciani et François Casasoprano ont rétorqué que les contributions financières de l’Etat, notamment pour les eaux fluviales via le Plan Exceptionnel d’investissement (PEI) ou les aménagements dans le cadre des plans de l’Agence nationale pour le renouvellement urbain (ANRU) ont été obtenues après d’âpres batailles. « Ce sont des victoires modestes mais utiles aux Ajacciens », estime François Casasoprano. « Le PEI n’est pas né d’une générosité spontanée mais de rudes négociations à partir de 1998 », renchérit Paul-Antoine Luciani. Pour un tourisme différent Selon François Casasoprano, la saison touristique « s’inscrit dans une bonne dynamique » malgré « un retrait » par rapport à l’an passé, « la première quinzaine de juillet (étant) le point faible » de cet été. Par ailleurs, l’étalement sur sept mois et demi de la fréquentation touristique engendre « une saisonnalité très complexe ». « Il ne faut pas se contenter d’un tourisme de niches mais élaborer une politique de pôles et une approche par filière », ajoute François Casasoprano qui souligne « un taux de remplissage exceptionnel pour les hôtels » en dehors des mois estivaux avec cependant une grande inégalité entre les établissements. La fréquentation de l’office municipal du tourisme a également enregistré une fréquentation record avec 146.000 personnes jusqu’en novembre avec des journées à 2.000 clients. Les visites guidées dont le programme s’est étoffé en 2010 ont rencontré un franc succès dont la part de l’autofinancement de l’établissement municipal a augmenté. Voilà pour les satisfactions. Les objectifs consistent à étendre la saison touristique à neuf mois et définir un accueil adapté aux croisiéristes, clientèle en augmentation. L’opposition, par la voix des trois élus, a formulé des pistes pour hisser la ville d’Ajaccio au rang de capitale régionale attractive pour l’extérieur. « La création d’un pôle communal au sein de l’office municipal de tourisme avec pour objectif de vendre la destination Ajaccio de manière plus offensive en visant l’étalement de la saison » avec une présence renforcée dans les salons nationaux est considérée par les conseillers municipaux de droite comme « une piste importante ». Ensuite, la cité impériale doit être redynamisée secteur par secteur. L’Espace Diamant étant un outil indispensable, transformer la caserne Grosseti en « un haut lieu de culturel avec la création d’une scène régionale » achèverait de doter la ville en sites culturels. Enfin, ils imaginent de convertir la Citadelle en musée international dédié à Napoléon. La ville nécessite aussi des aménagements afin de la rendre plus attractive aux yeux des touristes qui actuellement, pour une majeure partie d’entre eux, ne font que passer. Le ré-ensablement de la plage Saint-François, la création d’une piste cyclable sur la route des Sanguinaires, la construction de places de stationnement et la valorisation du boulevard Rossini participeraient à un développement urbain bénéfique pour l’image de la ville. Le manque de propreté de la Cité impériale a été souligné, ce à quoi a répondu Paul-Antoine Luciani : « Ce n’est pas plus sale qu’avant. Nous avons pris l’habitude ici de critiquer plus ceux qui nettoient que ceux qui salissent ». Et de relever ce qui n’est pas fait en occultant ce qui a été fait… M.K

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