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CHRONIQUE

mercredi 20 octobre 2010, par Journal de la Corse

Quand la démocratie est battue en brèche par nos dirigeants La mobilisation contre la réforme des retraites présentées par Nicolas Sarkozy, grandit de semaine en semaine. Après les affaires Bettencourt-Woerth elle synthétise la colère des plus humbles contre les puissants qui nous dirigent. Le refus de dialogue du pouvoir a produit ce qui est désormais une crise de régime. N’est-il pas temps que le peuple s’exprime de nouveau par la voie des urnes ? Contre cette réforme des retraites Bien entendu qu’il faut réformer le régime des retraites. Mais en visant le résultat exactement inverse de celui recherché par le gouvernement. Il s’agit d’aider les plus défavorisés afin qu’ils puissent vivre de la manière la plus décente qui soit. La durée de vie s’allonge ? En moyenne assurément. Dans le détail, il faut voir. Elle s’allonge pour les couches les plus favorisées de la société et pour celles qui ont travaillé de la manière la moins pénible. Mais qu’en est-il pour les plus pauvres, pour celles et ceux qui se sont usés dans leur travail et qui disposaient le plus souvent de la nourriture la plus médiocre. La démonstration de cette distorsion est quotidiennement administrée aux États-Unis et en Russie où les inégalités sociales atteignent des sommets. La réforme du gouvernement va rendre plus dures encore les conditions de vie des couches les plus pauvres de la population. C’est à se demander si certains de nos princes ne font pas le calcul cynique de mener les plus fragiles à rapidement disparaître les empêchant ainsi de toucher la moindre retraite. Car retarder le départ à la retraite de deux ans et n’accorder le taux plein qu’à 67 ans reviendra à un tel résultat aggravé par la dégradation du système de santé. Une réforme juste devrait tenir compte des émoluments de chacun, de la pénibilité de leur existence tout en abolissant le principe des pénalités en cas de trimestres manquants avant 67 ans. Il est tout de même invraisemblable que pas un syndicat, pas un parti de gauche n’ait exigé le retrait de ces dispositions scélérates. À croire que les représentants de la gauche bien pensante ne se rendent pas compte de la réalité quotidienne d’une majorité de Français. Je trouve d’ailleurs le Parti socialiste bien silencieux pour ne pas dire attentiste voire approbateur à l’image d’un Strauss Kahn qui applaudit à la réforme sarkozyste. Une bourse en pleine forme Ces attaques contre les catégories sociales populaires sont encore plus scandaleuses lorsqu’on apprend que Wall Street vient d’annoncer une année record pour ce qui concerne les bénéfices. 144 milliards de dollars, c’est-à-dire l’équivalent de la dette française, vont être redistribués entre traders, banques et autres sociétés financières. Et grâce à qui ? Grâce aux états donc à l’argent public, notre argent, qui a permis à ces hyènes de sortir la tête hors de l’eau quand elles étaient victimes de la crise dont elles étaient les seules responsables. Proprement écœurant ! En France, les services publics sont tout simplement en train d’être bradés aux compagnies privées qui, telles les low costs, couleraient sans les subventions que les collectivités leur accordent bien généreusement. Jamais les requins de la finance n’ont autant profité de la crise. Mais au bout du compte il reste une question lancinante : quand nous tous nous ne pourront plus payer, les parasites du genre humain crèveront à leur tour. Mais avant qu’une telle échéance n’arrive, il serait temps de nous prendre en main. Le scandale Bettencourt est d’ailleurs devenu pour les Français le symbole de cette injustice sociale. Et désormais la mobilisation n’est plus simplement sur les retraites. Elle est alimentée par une détestation du régime sarkozyste et des 200 familles et du mur de l’argent qu’ils dressent devant le peuple. Une crise majeure Ce n’est plus simplement une crise conjoncturelle que vit la France. C’est la Cinquième république qui s’effondre faute d’avoir compris qu’il fallait savoir partager. Désormais une étincelle peut mettre le feu aux poudres. Le gouvernement s’est évertué à refuser toute porte de sortie aux syndicats à qui il a fait perdre la face. La réponse immédiate a été la radicalisation avec tous les risques qu’elle engendre. On entend souvent sur les ondes parle de Mai 68. C’est une erreur. Mai 68 fut causé par l’inadaptation du pouvoir politique à une société dopée par la croissance. La crise actuelle est une crise systémique du capitalisme. La richesse financière a dévoré la richesse productive et tous les repères ont disparu. La fortune n’est plus justifiée par un savoir-faire, une audace ou un héritage. C’est le culot dopé par la cocaïne, c’est le laminage de tout sentiment humain qui prime. Le gouvernement va devoir envoyer sa troupe pour faire face au mécontentement populaire. Et déjà dans ses rangs, des voix discordantes font savoir au petit monarque qu’il faut lâcher du lest. Mais en cinquième république comme en monarchie quand le roi est contesté c’est que le régime est par terre. Mais qui le ramassera ? La solution n’est-elle pas dans une dissolution de l’assemblée nationale et un retour aux urnes ? GXC

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