Bilan

vendredi 3 septembre 2010, par Journal de la Corse

Saison Incendie Ce qu’il faut retenir de cet été Dans quelques jours, la rentrée scolaire marquera la fin des vacances. On nous prévoyait un été exceptionnel en terme de températures, de fréquentation touristique ; on craignait des mouvements sociaux dans les transports maritimes et ferroviaires ; on redoutait des incendies destructeurs àl’instar de 2009 ; on espérait moins de méduses ; on ne s’attendait ni àune tempête, ni àun attentat spectaculaire avec séquestration des propriétaires en plein mois d’aoà»t. Premier bilan de ce drôle d’été. Circulation difficile Chaque année, l’inadéquation des infrastructures routières au flux de vacanciers engendre des files interminables de voitures roulant au pas. A Ajaccio et Bastia, les embarquements et les débarquements des ferries effectuant la liaison entre la Corse et le continent s’accompagnent inévitablement d’embouteillages. Les principales agglomérations ne sont pas les seules concernées : les retours de plage de Porto-Vecchio s’avèrent être une épreuve pour la courtoisie des automobilistes. Traverser les villages de L’Île Rousse ou de Nonza dans des délais acceptables constitue une gageure et l’attente aux feux tricolores d’Olmeto constitue l’occasion d’admirer les hautes maisons en pierres de ce village pittoresque ou son panorama sur le golfe du Valinco. Quant às’engager dans l’unique accès qui mène àBonifacio un jour où le temps est un peu nuageux devient une hérésie. Incendies : une mobilisation efficace C’est incontestablement la bonne nouvelle de l’été : l’année 2010 semble plutôt ressembler à2008 qu’àl’an passé sur le front des incendies. Certes l’été a été émaillé de nombreux départs de feu mais l’imposante présence humaine sur le terrain et l’engagement immédiat des renforts aériens a permis de maîtriser rapidement les flammes. Depuis le 1er juillet, la Haute-Corse a enregistré un peu plus d’une trentaine de départs de feu, contre 115 l’an passé. Pas question pour autant de relâcher la vigilance, insistent le colonel Charles Baldassari et le commandant Jean Salvadori du SDIS, d’autant plus que depuis début aoà»t les mises àfeu se multiplient dans le secteur du Venacais. Le président de l’association des maires de Haute-Corse, Ange-Pierre Vivoni a rappelé que « Â la menace d’incendies ravageurs ne disparaît pas comme par enchantement avec la rentrée des classes  » et a invité la population ૠ rester très vigilante  ». Températures élevées et épisodes venteux en septembre augmentent la pression incendiaire. Depuis quatre ans, ce département n’a pas connu d’incendies de grande ampleur. Un résultat obtenu par la collaboration des services : les employés communaux, les sapeurs forestiers, les sapeurs pompiers, l’Office des forêts, l’Office de la chasse. Le dispositif aérien composé de trois Canadairs, deux Trackers et deux hélicoptères bombardiers d’eau pourrait être renforcé par un nouveau venu : l’Air Tractor. Cet avion bombardier d’eau d’une capacité de 3 000 litres d’eau ou de retardant est doté d’un moteur àturbines, d’un ordinateur de bord commandant l’ouverture des trappes de largage et un système de vol par GPS. Il existe même en version capable de s’approvisionner sur l’eau comme les Canadairs. Le vent n’a pas pris de vacances Les épisodes venteux et orageux ont quelque peu perturbé les vacances. Le week-end du 15 aoà»t, orages et tempêtes ont inondé les rues et les caves un peu partout et sur la rive sud quelques établissements de plage ont subi des dégâts vite réparés. Les coups de vents, nombreux sur la Balagne et le Cap Corse, ont intensifié l’activité des sauveteurs : les mises en sécurité de personnes en difficulté dans une mer houleuse ont été nombreuses malgré les avertissements et les drapeaux rouges dissuasifs. Bilan : on comptait fin aoà»t 4 décès par noyades et plus de 160 sauvetages contre 1 noyé l’an dernier et 44 mises en sécurités. Des chiffres alarmants qui témoignent de l’inconscience et de l’imprudence des vacanciers déterminés àprofiter au maximum de leur séjour quitte àrisque leur vie et celle de ceux qui n’hésitent pas àse jeter àl’eau pour leur porter secours. La première fourrière pour les animaux en divagation en Haute-Corse C’est une innovation dont ce serait bien passé le maire de Piobetta, Pierre Lorenzi. C’est cette petite commune de Castagniccia qui la première en Haute-Corse s’est dotée d’une fourrière pour les animaux en divagation (il existe plusieurs zones de ce type en Corse-du-Sud qui ramasse). Le premier magistrat a été contraint par un jugement de la cour administrative d’appel de Bastia d’aménager cet enclos. Il y a deux ans, un riverain l’avait attaqué devant le tribunal administratif de Bastia après avoir eu des dégâts sur sa propriété occasionnés par des bêtes errantes. Fin 2009, la cour administrative d’appel avait donné raison au plaignant et imposé au premier magistrat d’installer un lieu de dépôt communal pour les bêtes en divagation. Pierre Lorenzi s’est exécuté bien qu’il ait formé un pourvoi formé devant le Conseil d’état en raison d’une astreinte financière dont il aurait du s’acquitter tant que la réalisation n’était pas effective. Ce type de décision inquiète car ce jugement pourrait très bien faire jurisprudence. Si la police municipale a pour obligation d’assurer la sécurité des habitants, qui est chargé de nourrir et garder les bêtes ramassées ? L’idée de créer une fourrière départementale en Haute-Corse a été évoquée. Bilan des soldes mitigé Véritable baromètre de la saison estivale, le bilan des soldes semble plutôt mitigé. Le constat des commerçants aux quatre coins de l’île est unanime : les magasins ont été très fréquentés, peut-être davantage que l’an passé. Mais cette hausse de la fréquentation ne se traduit pas forcément sur le chiffre d’affaires. Depuis la nouvelle législation qui prévoit cinq semaines de soldes en hiver et en été auxquelles s’ajoute une semaine de soldes flottante fixée par les propriétaires des magasins. Par ailleurs, la multiplication des rabais, offres promotionnelles et autres ventes privées sur Internet tout au long de l’année a fait perdre aux soldes un peu de leur caractère exceptionnel. En Corse, les soldes ont débuté le 14 juillet soit une semaine plus tard que le lancement national. Conséquence : les touristes arrivés en Corse àla mi-juillet avaient déjàgrignoté leur budget. Si certains commerçants demandent une uniformisation du démarrage des soldes, d’autres estiment qu’il faudrait en retarder encore l’ouverture. Ces derniers considèrent que débuter les soldes le 14 juillet, au moment où la saison touristique débute véritablement les désavantage. Ajaccio a profité de la manne des croisières et du Shopping de nuit pour écouler ses stocks de vêtements, chaussures et accessoires. Idem pour toutes les villes (Bastia, Calvi, Corte, Aléria,…) qui ont organisé ces nocturnes très prisés des clients locaux comme des vacanciers. Généralement les soldes se sont clôturées avec une braderie de quelques jours. Histoire de faire place nette pour accueillir les articles d’automne. La crise, l’invitée surprise de la saison touristique Le bilan définitif de la saison touristique ne sera dressé qu’àla fin de l’année, un point d’étape fin septembre devrait cependant mettre en évidence un été contrasté. Les moyens de transports maritimes comme aériens enregistrent une nette hausse des passagers. 1 435 550 personnes ont transité par les ports et les aéroports de Corse en juillet, soit une augmentation de 5% par rapport àl’année précédente. La progression du trafic s’établit précisément à8% pour l’aérien et 4% pour le maritime. Mais sur l’île ces nombreux vacanciers ont modifié profondément leurs habitudes de consommation. Dans les restaurants, le constat est unanime : les estivants s’alimentent avec modération. Les adresses gastronomiques n’ont pu compter que sur leurs habitués et n’ont guère attiré une clientèle plus modeste. Quant àla restauration rapide, elle a tiré son épingle du jeu : crêpes, paninis, sandwichs, hamburgers et salades aux prix attractifs ont été prisés des vacanciers. Pour le secteur de l’hébergement, les campings n’ont pas désempli tandis que les hôtels de luxe ont enregistré cette année encore une baisse de leur fréquentation. Même tonalité chez les commerçants : les cordons de la bourse se délient difficilement. Les socioprofessionnels sont globalement déçus par cette saison que l’on annonçait pourtant dans la continuité de 2009, année de tous les records. A ce bilan contrasté s’ajoute les chiffres du chômage publiés din aoà»t. Quelque 13 747 personnes étaient àla recherche d’un emploi en juillet, soit une augmentation de 13,5% des demandeurs d’emploi par rapport à2009. Les jeunes, les femmes et les seniors sont les publics les plus impactés par cette hausse du chômage. La Corse ne pouvait hélas pas échapper àla crise. M.K  

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