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Alimentation et pollution

jeudi 7 juillet 2011, par Journal de la Corse

Depuis la dernière alerte en date, le concombre, qu’il soit masqué ou d’Allemagne n’est pas dangereux pour la santé. Mais le doute sur les aliments est de retour. Des tas de questions restent posées sur les conséquences de la pollution de l’environnement sur notre santé, et même lorsque l’on croit manger des produits sains.

Conséquences sanitaires

La Corse avait demandé à ce qu’une enquête soit instruite sur l’impact du nuage radioactif de Tchernobyl. Cette enquête est en passe d’être clôturée, sans que les conséquences sanitaires soient reconnues. Le Dr Denis Fauconnier, aujourd’hui à la retraite, avait déjà alerté que des aliments présentaient des dangers. À l’époque, en 1986, il fait analyser des échantillons de lait frais, y trouvant des taux souvent supérieurs à 10 000 becquerels d’iode 131 par litre de lait et jusqu’à 100 000. Ce médecin, soutenu par des confrères, affirme que « la contamination de la chaîne alimentaire a entraîné une augmentation des pathologies classées comme radio-induites ». Une juge d’instruction, Marie-Odile Bertella-Geffroy, a été saisie du dossier. La Cour d’appel de Paris rendra sa décision le 7 septembre sur la poursuite ou non de l’enquête sur l’impact du nuage. Malgré toutes les preuves réunies par le Dr Denis Fauconnier, la commission spéciale créée par la CTC, le parquet a requis un non-lieu, estimant qu’aucune conséquence sur la santé n’a pu être prouvée. Une pré-conclusion qui a fait réagir la CTC, qui projette de confier un registre des cancers et une enquête épidémiologique à un organisme indépendant.

Pollution et idées reçues

Alors que les conclusions sur les conséquences sanitaires de l’accident de Tchernobyl se font attendre, les politiques de santé publique ont réagi sur d’autres sujets pour des relations entre pollution de l’environnement et pathologies humaines. En tête de liste, les risques de cancer. Pourtant des scientifiques ont révélé que ces mesures étaient surtout basées sur des idées reçues. L’une d’elles qui consiste à mettre en corrélation les statistiques sur les cancers et les additifs alimentaires ne repose sur aucune réalité, dans la mesure où les méthodes de dépistage et de diagnostic ont évolué. Les produits chimiques d’origine industrielle disséminés dans l’environnement ne sont pas mis en cause non plus, du moins aucune étude épidémiologique ou toxicologique ne vient étayer cette hypothèse. Autre idée reçue à laquelle on peut tordre le cou, faute de preuve scientifique : les produits chimiques synthétiques sont les principaux responsables de l’exposition humaine aux cancérogènes et autres dangers potentiels. Or, 99,9 % des substances chimiques ingérées par l’être humain sont d’origine naturelle : il s’agit de produits chimiques sécrétés par les plantes elles-mêmes pour se défendre contre les champignons, les insectes et autres prédateurs. En conséquence, si les risques sanitaires des pollutions sont réels, il ne faut pas non plus oublier que les êtres humains développent leur propre système de défense, et que des toxines sont présentes dans les aliments, naturellement. Mais les pesticides restent une source avérée de toxicité.

Actions publiques

Les politiques publiques de protection sanitaire doivent prendre en compte l’ensemble des paramètres existants, notamment la pollution de l’air et de l’eau. Une étude de la DDASS révèle en 2008 que la qualité de l’eau est insuffisante, voire mauvaise ou très mauvaise pour 17 % de la population corse vivant dans l’intérieur de l’île, soit 46 000 personnes qui ne disposent pas régulièrement d’eau potable. L’eau n’y était pas conforme aux normes bactériologiques de manière permanente, dans plus de 200 communes insulaires. L’eau présente de nombreux micro-organismes, en l’occurrence des virus, bactéries et parasites dont certains peuvent être pathogènes pour l’homme. Des mesures de préservation ont été prises. Certes, le risque zéro n’existe pas. Les ressources sont limitées, et il faut les préserver et pouvoir les partager dans un contexte le meilleur pour tous. L’alimentation est importante, et si manger 5 fruits et légumes par jour est un facteur de bonne santé, pour que cela le reste, il faut bien se renseigner sur les engrais et autres additifs*.

Maria Mariana

* http://www.anses.fr/

http://www.vedura.fr/eco-geste/jardin

http://www.observatoire-pesticides.fr

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