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A QUI PROFITE LA CRISE ?

jeudi 13 décembre 2012, par Journal de la Corse

Depuis 2010, la crise a été disséquée sous tous les angles : économique, financière, de la dette… On en a mangé à toutes les sauces, de très relevées à immangeables. Aujourd’hui, la dette grecque va être allégée, ramenée à 124% du PIB d’ici 2020. Réduire le poids de la dette, pour retrouver un peu d’oxygène. Pas de quoi divaguer de joie sachant que le plus dur n’est pas non plus derrière nous.

Sombres prévisions

Début décembre, l’agence de notation Moody’s a dégradé la note du fonds de sauvetage de la zone euro, le mécanisme européen de stabilité (MES), qui perd son triple A passant à Aa1, avec une perspective négative, ce qui signifie que l’agence n’exclut une nouvelle dégradation. Mais qu’importe la notation si le poids de la dette est trop lourd à porter. Ainsi pour la France, la charge de la dette représentera 46,9 milliards d’euros en 2013 et restera le premier poste de dépenses publiques devant l’enseignement scolaire en raison d’une remontée anticipée des taux d’intérêt. Pour 2012, cette charge, qui représente le montant que la France doit verser à ses créanciers, devrait atteindre 46,7 milliards d’euros, soit 700 millions de moins que prévu dans la loi de finances rectificative de juillet, d’après les projections de Bercy.

Dette encore

Dans le classement des régions les plus endettées, la Haute-Corse arrive à la 17e position avec 8,27 millions d’euros. La dette pèse à tous les niveaux du pays, des administrations aux ménages. La dette publique de la France atteindra le niveau record de 91,3% du produit intérieur brut (PIB) en 2013, alors que la prévision était jusqu’ici de 90,6% du PIB. La différence s’explique notamment par la participation de la France aux plans de soutien à des pays de la zone euro comme la Grèce. La dette des administrations de Sécurité sociale a en revanche reculé de 8,2 milliards d’euros. Enfin, la contribution des administrations publiques locales a progressé de 400 millions d’euros. En revanche, grâce à des taux d’intérêt très bas, la charge de la dette restera relativement « contenue » en 2013. Elle s’élèvera à 46,7 milliards d’euros en 2013. De son côté, le taux de prélèvements obligatoires, lui, bondira l’an prochain à 46,3% du PIB.

Dette toujours

Des chiffres, toujours des chiffres et encore des chiffres. Mais quid d’une solution ? Les discussions autour de la crise de la dette souveraine se sont intensifiées. Qu’est-ce qui pourra enrayer ce cycle infernal de la dette qui entraîne une hausse de l’endettement des États… et des ménages ? L’austérité budgétaire est-elle vraiment la seule solution ? La mauvaise gestion des finances publiques n’explique pas cette crise de la zone euro. Cela serait un peu trop simpliste. La combinaison de la crise financière, de la récession mondiale et des déséquilibres économiques qui en ont résulté sont l’explication. Pourtant des investisseurs continuent à confier leur épargne aux gouvernements et la dette devient un « investissement », fruit de bien des spéculations. Notre système économique et financier est-il vraiment à bout de souffle ? Le « spectre de la dette souveraine » est toujours là qui effraie. La Grèce en fait les frais, idem pour l’Espagne, le Portugal, l’Italie. Pourtant des irréductibles semblent avoir trouvé une solution originale : les islandais. Ceux-ci rendent leur Premier ministre de 2009 responsable de la faillite de leur pays. Mais les banksters locaux doivent aussi répondre de leurs actes : des poursuites pénales ont été engagées. Les subprimes sont passées en pertes et profits pour les banques. Les prêts indexés sur des devises étrangères consentis aux natifs ont été jugés illégaux. Des mesures radicales qui restent marginales. La crise étant aussi l’occasion pour certains opérateurs de tirer profit du décalage entre la rapidité d’exécution des marchés et la lenteur relative des décisions publiques. Mais « le malheur des uns fait le bonheur des autres ». Pour les Banksters, les industriels du secteur militaire, l’économie souterraine par exemple. Roberto Saviano, l’auteur de Gomorra a ainsi révélé que la crise financière a donné l’occasion aux réseaux mafieux de s’infiltrer davantage dans l’économie mondiale, en investissant du liquide dans les banques européennes et américaines. L’argent sale serait donc la solution ? Peut mieux faire, copie à revoir. Tant que la spéculation continuera à être aussi rentable, le cercle restera vicieux.

Maria Mariana

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