Les forums des associations qui se sont tenus fin octobre à travers la France ont été l’occasion de montrer l’importance du tissu associatif et de saluer l’engagement des bénévoles dans la réalisation des projets des associations. Cet engagement est aussi salué à travers le monde le 5 décembre, lors de la journée internationale des volontaires pour le développement économique et social, instituée par l’ONU. Car la reconnaissance du rôle des associations dans le dynamisme régional n’est plus à démontrer. Reste à conserver qualité et enthousiasme, pour ces gens de bonne volonté, alors que les subventions se réduisent toujours davantage, sacrifiées sur l’autel des économies. Être au service des autres L’altruisme n’est une valeur ni commune, ni très contemporaine, eut égard au modèle libéral qui se répand de plus en plus et qui « gangrène » toutes les strates de la société. Et pourtant… Certains consacrent leur temps libre en mettant au service des autres son énergie et ses compétences, sans en retirer un revenu. L’ONU, consciente de ce solide maillon social, souhaite pousser les gouvernements à promouvoir le volontariat comme activité indispensable. Car toutes les structures associatives sont un pilier pour répondre aux divers besoins de la vie sociale, notamment auprès des jeunes et des quartiers difficiles. En ce sens, elles véhiculent une réelle valeur républicaine. Et en la matière, la France peut être fière, puisqu’elle se révèle être championne d’Europe du volontariat, avec 4 associations sur 5 gérées par des bénévoles. Caractéristiques nationales Il y a environ 190 associations créées par jour (70 000 par an, 1 million d’associations en activité), et 12 millions de bénévoles (dont 3,5 millions de bénévoles réguliers qui accordent au moins deux heures par semaine à une association) qui sont reconnus au niveau du gouvernement par le ministère chargé de la vie associative. Cela représente une moyenne de 13 bénévoles par association, en comptant les engagements pluriels. Selon une étude de l’INSEE de 2004, le bénévolat représentait 1,307 milliard d’heures d’intervention par an, soit 820 000 emplois équivalents temps plein, soit 12 à 17 milliards d’euros en termes de valorisation, soit aux alentours de 1 point de PIB. Le Conseil économique, social et environnemental, dans un avis du 24 février 1993, donne la définition suivante : « est bénévole toute personne qui s’engage librement pour mener une action non salariée en direction d’autrui, en dehors de son temps professionnel et familial ». Cela n’empêche pas de valoriser cet engagement, via un « Passeport Bénévole », créé en 2008, qui permet à tout bénévole de faire fructifier son engagement bénévole dans son parcours professionnel, que ce soit pour se renforcer dans son profil et sur ses compétences ou pour évoluer du point de vue de celles-ci. De quoi redonner un coup de fouet au bénévolat et de relancer la polémique sur les frontières tenues entre bénévole et « contournement du salariat ». Spécificités régionales Selon une étude publiée en début d’année, « une bonne dynamique associative consiste tout autant à renforcer les organismes en activité qu’à créer de nouvelles associations qui vont forcément rechercher des moyens financiers et humains bénévoles, au risque de déstabiliser le tissu existant ». L’équilibre est tenu, se fragilisant à chaque coupe dans les subventions. Malgré ce contexte difficile, la création d’associations reste variable, mais plutôt en courbe ascendante. Ainsi, durant la dernière décennie, 5 051 associations ont-elles été crées en Corse. Les domaines d’activité de ces associations sont davantage les sports (22,3%), la culture (20%), les loisirs (12,4%), l’économie (5,9%) et l’environnement (5,9%). Par rapport au plan national, les plus petites associations (1 ou 2 salariés) sont, dans la région, proportionnellement plus nombreuses (61% contre 58%), contrairement aux plus grandes associations (plus de 20 salariés). La proportion de salariés associatifs par rapport à l’emploi privé représente 9,3% de la masse salariale, soit 6 963 personnes. Le secteur est dynamique et irremplaçable, car ces emplois sont précieux, à plus d’un titre : ils sont ancrés au territoire et apportent du lien social. Maria Mariana