Retraites, un dossier brûlant Alors que l’on vit de plus en plus vieux, que les promesses de « travailler plus pour gagner plus » ont résonné comme un mantra à nos oreilles pendant de longs mois… voilà qu’on touche à notre retraite ! Couler des vieux jours paisibles, mais plus tard. Le dossier est complexe et ne saurait se résumer à une histoire de fric ou d’âge. Ces aspects participent d’un ensemble complexe. Quel que soit l’angle par lequel on l’attaque, le débat est tous azimuts. Âge légal de départ à la retraite La controverse sur la réforme des retraites semble s’être cristallisée sur l’âge légal du départ à la retraite. Faut-il ou non le maintenir à 60 ans ? Le lièvre est bien soulevé et les boucliers syndicalistes bien levés. Car cette mesure va creuser les inégalités entre les différentes catégories de retraités : les parcours professionnels les plus défavorisés vont devoir travailler plus longtemps pour des pensions médiocres. Ce sujet de l’âge légal ne pèse pas seulement dans le questionnement de l’allongement de l’espérance de vie et du vieillissement de la population, cela revient à se poser la question des disparités qui existent dans le travail. Le droit à la retraite a constitué une avancée majeur au siècle dernier, mais les métiers n’étaient pas les mêmes. Aujourd’hui, le salariat de services représente la majorité des travailleurs. Et ces travailleurs pensent la retraite comme un droit à une vie après le travail. En parallèle de ces débats de société s’est également instaurée la reconnaissance de la pénibilité au travail (loin de l’image à la Zola de l’ouvrier usé et fatigué par son labeur, on est dans des cadres laborieux de stress, d’intensification de la productivité…). Autrement dit, les revendications sont les mêmes pour des contextes ayant évolué. Dans cette conjoncture, l’âge constitue-t-il vraiment le critère majeur pour définir la durée du travail ? Un droit fondamental Le droit à la retraite est un droit fondamental, le travailleur l’ayant gagné par son travail. Une fois à la retraite, l’ancien travailleur perçoit un salaire indirect qui correspond à des ressources devant lui permettre de mener une vie décente. Personne ne peut nier ces postulats. Reste que dans le régime de retraite actuel, des inégalités demeurent, qui sont occultées car touchant à des acquis sociaux importants : les régimes spéciaux et des différences de traitement entre les secteurs privé et public. D’où le nécessaire dialogue entre les partenaires sociaux pour aboutir à des négociations qui soient le plus justes possibles, dans l’intérêt général. Le problème des retraites est une question centrale, conditionnant à la fois la fin de carrière, et le travail dans son ensemble. Un rapport de force s’est donc instauré. Parce que tout le monde veut prétendre à pouvoir bénéficier de ce droit, jeunes et moins jeunes. Des études ont révélé que les jeunes se sentent « la génération paillasson, spoliée par les baby-boomers », avec des projets de vie revus à la baisse. Mais de là à opposer les jeunes et les vieux, c’est un clivage un peu trop facile, car toutes les retraites ne sont pas dorées. Vieillir au soleil Les retraités ont souvent pour projet de vivre au soleil. Le Sud reste une terre d’attraction pour ses vieux jours. Selon les dernières statistiques établies par l’Insee, la Corse se situe au 16e rang des régions françaises avec une retraite moyenne mensuelle brute de 1 037 euros, sachant que la moitié des retraités résidant dans l’île perçoit moins de 884 euros. Les caractéristiques des retraités insulaires sont des écarts importants entre les plus faibles retraites et les plus élevées, et plus de la moitié des retraités n’a pas de régime complémentaire (alors que cela concerne deux retraités sur trois au niveau national) ; une part élevée d’anciens fonctionnaires constitue le nombre de retraités en Corse, avec une forte proportion d’anciens cadres, supérieurs ou intermédiaires ; hommes comme femmes, les retraités de Corse ont cotisé moins longtemps que les retraités du continent. Si la retraite globale est composée de divers avantages, entre système de décote, droits directs et indirects, encore faut-il pouvoir y avoir accès, et déjà aujourd’hui, cela ne constitue pas la majorité. Alors quid des retraités de demain ? Maria Mariana