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Quand tout va mal, jouons !

mercredi 24 novembre 2010, par Journal de la Corse

Societe Societe La crise profite au jeu. S’il fallait s’en convaincre, il suffirait de consulter la grille des programmes télévisés. Un revival des émissions de ce type semble déferler sur les chaînes, privées ou publiques. Les jeux, finalement, ça ne coûte pas cher et ça peut rapporter gros… et pas uniquement aux joueurs. Stratégie tout média Il était une fois, la radio. C’est sur ce média que sont apparus les premiers jeux, qui à l’époque étaient de culture générale. Le temps où il fallait se creuser uniquement les méninges pour décrocher au moins un lot est bien loin. À présent, la téléréalité a quelque peu changé les procédés, mais le divertissement est une vraie stratégie en cette période de rigueur, où tout est bon pour oublier le quotidien et ses difficultés. Les aléas du jeu sont certainement plus gérables que ceux de la vraie vie. La richesse de l’offre de jeux vidéos prouve le flair des commerciaux en la matière. La hotte du père Noël va être bien fournie en consoles et divers supports pour jeux vidéos… Les autres médias ont suivi. Avec les produits dérivés qui se déclinent à l’envi. Des jeux télé sont disponibles en version web, gratuite ou payante, sur console (la version Nintendo de Fort Boyard s’est vendue à plus de 250 000 unités), etc. Le cross média, soit la mise en réseau des médias, montre toute l’étendue de ses possibilités. Le 360° n’a jamais été si profitable et permet de toucher vraiment tout le monde. Si le virtuel attire plutôt un garçon de 27 ans, la télé séduit plus la femme de 50 ans. Et cela permet aussi de contourner la réputation de « ringard » des jeux télévisés. Frénésie ludique, motifs économiques Pourquoi un tel engouement pour les jeux ? Il est clair que les jeux d’argent proposés par la Française des Jeux sont depuis longtemps très populaires. Les grosses cagnottes suscitent toujours autant d’intérêt. À ce type d’amusement sont venus s’ajouter les jeux télé, de plus en plus prisés, comme l’atteste le nombre de postulants. Et cela n’est pas Jean-Paul Pasqualini l’heureux gagnant d’un million d’euros à la finale du Partouche Poker Tour qui va dire le contraire. Ni l’Ajaccienne Marie-Ange Franceschi, qui a remporté en début de cette année, 500 000 euros à À prendre ou à laisser. Ni même Nicole et Marcelle, les deux hôtesses de l’air corses qui avaient participé au Pékin Express… Dans son livre Le Jackpot des jeux télé, François Viot explique que les jeux ont un blason redoré « La téléréalité a beaucoup fait pour redynamiser les jeux et leur a donné un second souffle, notamment à travers le jeu d’aventures ». Les raisons de remettre les jeux aux goûts du jour, c’est aussi qu’ils ne coûtent pas cher à produire. Le rapport qualité-prix est excellent. D’autant plus que les tournages sont réalisés par série de cinq à six épisodes, sur un seul et même plateau, avec la même équipe. L’addition est 10 % moins élevée que pour tourner une fiction. Des concepts d’importation Le principe du jeu télévisé est donc très simple : c’est une émission de télévision, où des candidats sélectionnés, jouent en individuel ou en équipe, pour gagner un prix. Les épreuves varient selon les concepts, et les lots. La grille des programmes propose un tas de jeux, souvent importés tout droit des États-Unis, d’Angleterre, d’Italie, d’Espagne : Attention à la marche !, La Carte aux trésors, La Chasse aux trésors, Des chiffres et des lettres, Fort Boyard, Intervilles, Jeux sans frontières, Motus, Tout le monde veut prendre sa place, Slam, Le 4e duel, Le juste prix, La Roue de la Fortune, Tournez manège, En toutes lettres, N’oubliez pas les paroles… Et à des heures de grande écoute, en access prime time comme on appelle la tranche « 18h-20h ». Lorsque Jean Yanne tourne en 1978 le film Je te tiens, tu me tiens par la barbichette, il était très proche d’une certaine réalité télévisée… La fiction rejoint la vraie vie ! Maria Mariana

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