LES ARRÊTÉS MIOT À L’AGONIE Les arrêtés Miot, du nom de leur initiateur André-François Miot, comte de Melito chargé par Bonaparte de réorganiser l’administration dans l’île, sont-ils condamnés à disparaître après avoir fait le bonheur de la Corse pendant un siècle et demi ? Leurs jours semblent comptés et sans une réaction vive des Corses ils seront bientôt remisés dans l’armoire aux souvenirs. On sait que la Corse, a été dotée de ces arrêtés pour compenser les handicaps de l’insularité et Dieu si ces handicaps ont été pendant longtemps, très longtemps, si lourds à supporter. Aussi les mesures fiscales qui les accompagnaient ont-elles été accueillies comme du pain bénit. Au milieu du siècle dernier les premières menaces de suppression se sont profilées à l’horizon qui ont donné lieu à une levée de boucliers suivie d’une reculade du pouvoir. Mais quelques décennies plus tard il devait revenir à la charge sans plus relâcher la pression. Aujourd’hui on sait que les mesures dérogatoires seront supprimées les unes après les autres selon un calendrier déjà affiché. Ainsi, après les alcools et les cigarettes dont les prix seront alignés sur ceux du continent, l’exonération totale des droits de succession prendra fin dans deux ans. Il ne restera alors plus que les cigarettes dont le sursis ira jusqu’en 2015 grâce à une dérogation européenne. Après, la Corse cessera d’être une exception fiscale pour se fondre dans l’uniformité continentale. Il ne lui restera plus alors que cette autre exception impossible à effacer : l’insularité. Une exception dont les Corses auront encore à souffrir. Sans doute jusqu’à la fin des temps. J-N.C