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Jean-François Lelièvre

mardi 8 février 2011, par Journal de la Corse

Jean francois lelievre

Objectif tranquillité

Le successeur de Gilles Leclair s’est présenté aux journalistes lors d’une conférence de presse organisée le 27 janvier à la préfecture d’Ajaccio. Le nouveau coordonnateur des forces de sécurité intérieur de Corse affiche une sereine volonté d’assurer la tranquillité pour la population insulaire.

Costume bleu marine impeccable, chemise bleu clair et cravate bleue à pois. Jean-François Lelièvre, 49 ans, est assis bien droit sur sa chaise et commence à dérouler son parcours professionnel face à une petite dizaine de journalistes. Selon lui, c’est le « parcours d’un serviteur de l’Etat et d’un fonctionnaire de police », institution au sein de laquelle il a débuté en 1985. A la brigade criminelle du service régional de la police judicaire, il a enquêté sur pas moins de 550 homicides en tout genre pendant sept ans. 1995 et les attentats islamistes en France, il devient le numéro deux de la 6° division centrale de police judiciaire, aux côtés de Roger Marion. Et participe donc à l’enquête sur l’assassinat du préfet Erignac jusqu’en 2000. Il rejoint ensuite l’Office central de trafic d’œuvres d’arts avant d’être nommé à l’Unité de coordination de lutte anti-terroriste. En 2004, il intègre pour quatre années la sous-division des renseignements généraux avec en charge des dossiers relatifs à l’islamisme radical ou le séparatisme basque. Avant de devenir le patron de la sécurité sur l’île, il était à la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) sous les ordres de Bernard Squarcini. Il n’a donc jamais exercé en Corse mais a été amené à y séjourner pour des enquêtes.

A la disposition de sa fonction

« Je n’ai jamais honte de ce que j’ai fait et je ne renie pas le passé. Mais quand je lis que mon parcourt se résume à mon poste de numéro deux de la DNAT, je trouve cela réducteur. Les fonctions que j’occupe aujourd’hui n’ont plus rien à voir », assure-t-il. Pas question pour lui de s’immiscer dans les enquêtes judiciaires, insiste-t-il, rappelant qu’il n’est plus officier de police judiciaire depuis 2003. Il affirme être « à l’entière disposition de la fonction » qu’il a à occuper. Sa mission : coordonner les forces de police et de gendarmerie sous l’autorité des deux préfets, Stéphane Bouillon et Jean-Luc Nevache. Son souci premier : « assurer la tranquillité publique ». Ses premières actions : faire le tour des services et « appréhender très rapidement toutes les composantes de la société insulaire ». Hasard du calendrier, sa nomination est intervenue simultanément à une recrudescence des attentats et sa prise de fonction a été concomitante avec une vague d’interpellations en Corse et à Paris de militants nationalistes. Dans un sourire mesuré, il précise qu’il ne s’agit que de hasard et que le juge Thiel, auteur de la commission rogatoire, n’avait nullement l’intention de saluer son arrivée par une affirmation de la volonté répressive de l’Etat. Et de rappeler la séparation des pouvoirs et l’indépendance des magistrats du siège.

Même attention pour chaque fait divers

Au procès du commando Erignac en 2003, Jean-François Lelièvre s’était distingué par sa franchise. D’un ton froid, il avait relaté la chronologie de l’arrestation des suspects ce 21 mai 1999 et mis en cause, sans acrimonie ni désir de vengeance, la responsabilité de Roger Marion et Jean-Louis Bruguière, juge d’instruction en charge de l’enquête, dans la cavale d’Yvan Colonna. Douze ans plus tard, la fermeté de son ton est intacte quand il s’agit de répondre « des méthodes d’interpellation spectaculaires dénoncées par les militants nationalistes ». Précisant que l’habitude veut que les juges ne prennent en considération « ni les contingences locales, ni la consultation du coordonnateur », il souligne qu’il « a fait comprendre diplomatiquement que la sécurité publique (avait été) bousculée manifestement par ces arrestations » et précise que la simple convocation ne suffit pas selon la gravité du dossier. Jean-François Lelièvre a pris la succession de Gilles Leclair avec un bilan de la délinquance qui affiche une augmentation des attentats l’an dernier avec une nette reprise depuis mi-décembre et des règlements de compte qui certes ont diminué mais continuent de troubler le quotidien des Corses. Le nouveau coordonnateur envisage de traiter chaque fait divers avec la même acuité, qu’il relève de la petite ou moyenne délinquance, du trafic de drogue, de la criminalité organisée ou du terrorisme. Et le nouveau patron de la sécurité promet de se déplacer dès qu’un événement, quel qu’il soit, perturbe la tranquillité de la population.

M.K

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