LE RÊVE PASSE Le Parti socialiste en réunion le 9 octobre. Thème étudié : «  L’Europe et l’Internationale  » Ah ! L’Internationale ! Un idéal tombé dans l’oubli. Le mot subsiste cependant faut-il croire. Voici quelques décennies encore bien des spécialistes, historiens et essayistes divers, et nombre de politiques, à droite comme à gauche avaient annoncé la fin des nations. Le monde, disaient-ils, s’est rétréci. Il allait détruire les nations. Elles seraient remplacées par quelques grands blocs. Deux ou trois au plus. Certains utopistes commençaient à parler de «  village planète  ». Rappelons-nous : Le monde libre. Les non alignés de Bandoung. Le troisième bloc : l’internationale communiste. Tous ces blocs se sont effrités. Sur la scène mondiale les affrontements opposent les Etats-Nations, ou des patries, quand les conflits ne revêtent pas un caractère tribal. Bref, ces grands esprits prophétiques se sont trompés. Les puissantes organisations internationalistes ont, en fait, disparu. Seuls sont restés les organismes socialistes ou communistes nationaux. Il y a belle lurette que le parti socialiste en France a abandonné son ancienne étiquette de parti socialiste S.F.I.O. (section française de l’internationale ouvrière). Alors l’Europe et l’Internationale ? S’agit-il d’une réalité ou d’un rêve pieux ? En ce qui concerne l’Europe elle-même, la crise a fait apparaître les divisions des vingt sept et le peu d’esprit de solidarité qui les anime. L’Europe et l’Internationale au niveau des partis ? Si l’internationalisme est une aspiration ou un idéal socialiste, le P.S. français et ses partenaires paraissent mal en point. La Gauche n’est au pouvoir que dans cinq pays : l’Espagne, l’Autriche, la Grèce, la Slovénie et Chypre : cinq sur vingt sept, l’horizon est sombre pour renforcer l’internationalisme, même limité à l’Europe. La situation de la Belgique revêt un caractère symbolique. La Belgique, Etat fondateur de l’Europe avec son premier ministre socialiste Paul-Henri Spaak, une grande pointure parmi les hommes d’Etat européens de cette époque originelle. Bruxelles, la capitale de l’Union Européenne. Après les dernières élections, le royaume belge est en train de sombrer. Les Flamands et les Wallons ne s’entendent plus. La Flandre riche ne veut plus payer pour la Wallonie pauvre. Ce vote flamand est un symbole de l’Union Européenne. En Italie, la Ligue du Nord Lombarde a une position identique. Le Nord est riche, il ne veut plus payer pour le Sud. L’Allemagne renâcle à soutenir la Grèce et le Portugal ou l’Espagne. L’Union Européenne est actuellement présidée par deux Flamands. Pied-de-nez du sort à l’Europe. Et la Suède, vieux modèle socialiste vient d’accuser une montée de l’extrême droite nationaliste sur les mêmes thèmes du Nord qui se désolidarise du Sud. Tout se passe comme si l’Union Européenne négociait un grand virage. Va-t-elle revenir à l’époque du «  concert européen  », lorsque les Etats les plus forts imposaient leur loi ? Les internationalistes ont fort à faire. Alors, pour les socialistes européens faut-il penser que «  le rêve passe  »Â ? Marc’Aureliu Pietrasanta.