La compagnie Corsica Ferries a exprimé son inquiétude face à l’éventualité d’une suppression du mécanisme d’aide sociale qui bénéficie aux armateurs desservant la Corse, mettant par ailleurs en cause le "chantage permanent" de la SNCM utilisé selon elle pour maintenir son activité. Lors d’une conférence de presse à Marseille, le directeur général de Corsica Ferries, Pierre Mattei, a réagi aux informations parues dans le quotidien Corse-Matin faisant état d’une possible suppression de l’aide sociale ainsi que d’une extension au port de Toulon de la Délégation de service public qui concerne actuellement les lignes entre Marseille et les ports corses . "C’est extrêmement inquiétant pour nous car c’est quelque chose qui va dans le sens d’une réduction de niveau de concurrence et donc d’une exclusion de Corsica Ferries d’une partie des lignes ou d’une réduction de son activité", a expliqué Pierre Mattei, ajoutant « nous tirons la sonnette d’alarme ». Il s’est étonné, par ailleurs, que les pistes évoquées dans la presse correspondent à celles formulées par la SNCM qui, avec la CMN, assure la DSP depuis Marseille. "C’est lié au chantage social qu’exerce la SNCM depuis toujours", estime M. Mattei. "En gros, elle dit : « faites ce que je demande, sinon vous aurez des problèmes sociaux sur les bras ». « J’assure qu’il faut sortir de ce chantage permanent. Il faut bien sûr prendre en compte les problèmes sociaux, ça se gère, ça s’organise. Il n’y a pas de problème de ce type-là qui n’ait pas de solution". Dans le cadre du débat sur la desserte maritime de la Corse qui devrait être ouvert à l’assemblée de Corse le 25 novembre, Pierre Mattei propose, à partir de 2014, une délégation de service public pour les seuls cargos mixtes (fret et passagers) au départ de Marseille, une aide sociale pour Marseille, Toulon et Nice pour les passagers. Il souhaite également, dans le cadre de la délégation de service public, un appel d’offres loyal qui permette l’ouverture à la concurrence. J-N.C.