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Portrait de chasseur

vendredi 20 août 2010, par Journal de la Corse

Etoile filante bastiaise François Pellegrinetti Une passion viscérale C’est un véritable culte que le Corse voue àla chasse. Et depuis le 15 aoà»t dernier, date de l’ouverture officielle, les coups de feu retentissent dans les montagnes de l’île. Objet : le sanglier, dont la battue constitue un vrai rituel. Dans la Pieve di Sampieru, du côté d’Eccica-Suarella, nombreux sont les passionnés qui attendent, patiemment, toute l’année, « Â l’ouverture  ». Parmi eux, François Pellegrinetti. À bientôt soixante ans, ce chef de battue connaît les moindres recoins de la région et tous les rouages de cette pratique. Entre Francè Pellegrinetti et la chasse, plus particulièrement, la battue au sanglier, l’idylle ne date pas d’hier. « Â J’ai débuté àl’âge de douze ans  », s’exclame fièrement l’intéressé, avec mon père qui m’initia àla chasse.  » Une initiation précoce Passionné dès son plus âge, il a débuté par la plume avant de s’orienter, depuis 20 ans, vers la battue au sanglier. « Â Elle représente, reprend-il, dans toutes ses composantes, quelque chose de fascinant.  » À l’âge adulte, notre homme « Â descend  » sur Ajaccio, pour des raisons professionnelles. Il sera connu àla discothèque « Â Palm Beach  », dont il sera l’un des rouages durant plus de vingt ans. Mais dès qu’il prend le chemin d’Eccica, ce n’est plus le même homme. Treillis, chaussures de montagne, fusil àl’épaule « Â cursini  » au pied et « Â lingua corsa in bocca  ».Retiré, il y a une vingtaine d’années dans son village natal, il s’adonne, depuis cette date, àson activité favorite. Mieux, depuis cette période, il a repris le flambeau des anciens comme chef de battue aux côtés de ses frères, cousins et amis.« Â C’est une fierté, rajoute t-il, c’est aussi un passage obligé puisque l’on confie, généralement, cette tâche, aux plus expérimentés. Je transmettrai, moi-même, un jour, le flambeau. C’est ainsi.  » Dès la fermeture de la chasse, en février, Francè prépare déjàl’ouverture prochaine. Gros marcheur, il sillonne les montagnes de la région, en pensant déjàau 15 aoà»t. « Â D’avril àmai, je démaquise, débrousaille et prépare le terrain. C’est aussi l’époque où l’on met en place de nouveau postes en fonction du passage des sangliers. En juin et juillet, on peaufine tout en reprenant les parcours de manière àêtre fin prêts le jour.  » La battue : un rituel bien huilé Le jour J, ils sont près d’une vingtaine àse réunir sur la place du village dès six heures du matin. François, chef de battue, distribue les rôles de ce rituel particulièrement bien huilé.Une douzaine de chasseurs seront « Â in posta  », trois « Â ghjacaraghji  » sont prévus pour lancer les chiens, une fois tout en place. Enfin, deux ou trois « Â voce  » auront pour mission, de rabattre le gibier.Le secteur choisi est finement quadrillé. Le temps de se rendre sur les lieux -une heure de marche minimum- et la battue peut débuter.Une fois terminée, le gibier est dépecé et vidé sur place.Puis, viendra le moment fort  qui ponctue la matinée. Tout le monde se retrouve. Autour d’un « Â spuntinu  » arrosé comme il se doit, on racontera ses exploits et exposera ses trophées de chasse. Enfin, une fois le partage effectué, chacun rentre chez soi dans l’attente de la prochaine battue. Le souvenir de Pascal Olmeta et Eric Cantona Côté souvenir, notre chasseur garde en mémoire une battue effectuée, il y a quelques années, en compagnie de Pascal Olmeta et Eric Cantona. « Â Le premier est un chasseur renommé. Quand au second, c’est un excellent tireur !  » À bientôt soixante ans-il les fêtera le 14 septembre prochain- Francè ne songe pas encore àpasser le flambeau. Mais plutôt àgrossir son « Â effectif  ». « Â C’est très difficile d’attirer les jeunes mais nous gardons la foi.  » Jean-Rémi, 12 ans, intègre, de temps àautre, l’équipe. De quoi préparer l’avenir mais surtout transmettre cette passion séculaire afin qu’elle ne se perde… Ph.P.  

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