À 56 ans, l’entraîneur des gardiens de l’ACA fait figure d’ancien dans la maison. Arrivé au club en juin 2007, il a, en effet, entamé, en juillet dernier, sa 5e saison en "rouge et blanc". Sur le terrain, lors des séances, où dans les couloirs qui mènent au vestiaire, sa joie et sa bonne humeur sont remarquées, même quand le club était au plus mal sportivement. L’Italien, lui, savoure simplement de pratiquer, avec une passion, un métier pour lequel il a consenti de nombreux sacrifices. Rencontre avec un personnage atypique...
Sa silhouette longiligne est, chaque matin, remarquée, du côté de François Coty. Une accolade par ci, une poignée de mains par là, sans omettre, de temps à autre, une macagna, Enrico Pionetti est l’un des premiers arrivés au stade. Il est aussi, l’un des derniers à quitter l’enceinte. S’il est boute-en-train, il n’en demeure pas moins consciencieux dans son travail. "Le football, précise t-il dans son incontournable accent transalpin, c’est une passion. Le plus beau métier du monde. Alors, à quoi ça sert de se prendre la tête ?"
De la Sampdoria à l’OGC Nice
Formé à la prestigieuse Sampdoria, Enrico Pionetti a connu la série A à 23 ans et joué 10 ans au plus haut niveau (de 1978 à 1988). "Quand j’ai arrêté ma carrière, poursuit-il, je ne pensais pas reprendre de sitôt. J’ai un peu bossé au niveau amateur. Puis, en 1998, San Remo, club de série C2, cherchait quelqu’un pour s’occuper des gardiens. J’ai, ainsi, rempilé après 10 ans d’arrêt." La suite ? Ce sera le championnat de France et plus particulièrement l’OGC Nice, repris, en 1999, par Sandro Salvioni. "J’ai connu, une première fois la Corse, c’était lors des 32e de finale de la coupe de France 1999 contre le GFCOA. Un contexte particulier." Avec le Gym, dont le recruteur puis l’entraîneur sera Gernot Rohr, Enrico Pionetti connaîtra une belle aventure ponctuée par une accession (2001-2002), la même année que l’ACA. "On les avait battus à l’aller (3-1) et avions obtenu le nul au retour (1-1). Le championnat de France ? Il a un très bon niveau et reste plus physique qu’en Italie. En outre, il y a une excellente école de football. C’est différent avec l’Italie où la formation est quasi-inexistante. Les joueurs arrivent déjà prêts et formés. Seul, l’équipe une n’a d’importance."
Cinq ans en "rouge et blanc"
Quand Gernot Rohr débarque dans la cité impériale en juin 2007, il emmène Enrico Pionetti avec lui. Et l’Italien poursuit, depuis, cette belle aventure en "rouge et blanc". "Ici, on a vécus des situations difficiles sur le plan sportif avec un sauvetage dans les dernières journées, et même dramatiques avec la disparition du regretté Michel Moretti. Alors, il est vrai que ce que l’on a connu la saison dernière est extraordinaire." Son rôle ? "C’est un travail méthodique au cours de la semaine. Autour des gestes techniques, prises de balle, tirs et déviation. Il y a une concurrence saine entre les trois gardiens. Ils doivent être prêts sur le plan physique. De par ses qualités, Memo est indiscutable au poste de numéro 1. Enfin, je travaille également en concertation avec Stéphane Paganelli." Une fois la séance terminée, Enrico quitte l’enceinte du stade François Coty avec le sentiment du devoir accompli. Et deux fois par mois, il rejoint sa femme et ses deux filles à Parme. "C’est un choix de vie. Tous les métiers ont un handicap et demandent un sacrifice." Un choix que l’ACA ne regrettera pas...
Ph.P.