La victoire obtenue face à Montpellier, le 21 mars dernier, en quarts de finale de la coupe de France est historique. Quoiqu’il advienne, désormais, de la bande à Veilex, face à Lyon en 1/2 finale, l’exploit accompli face aux Héraultais fera date dans l’histoire du club. Entre la communion du peuple "rouge et bleu" avec ses joueurs, la joie de Yohan Bocognano, buteur du jour et les larmes de Fanfan Taglaglioli, tout le monde a bel et bien conscience que le club a vécu un moment inoubliable qui vient s’ajouter à la fabuleuse aventure vécue avec "Dame coupe" depuis le début des années soixante. Mais le gaz rêve d’aller encore plus haut. Désormais, c’est le...stade de France qui se profile à l’horizon. È parchì micca ?
"On attend maintenant le nom de notre prochaine victime". C’est par ses mots et avec le sourire radieux que Dumè Veilex avait qualifié la première "glorieuse" au terme de la victoire des "rouge et bleu" aux dépens de Toulouse, lors des 32e de finale de la coupe de France en janvier dernier. Si auparavant, le "gaz" avait dû franchir quatre tours, c’est bien à compter de l’entrée en lice des clubs de L1, que la formidable aventure a commencé. Et les victimes annoncées par l’entraîneur "rouge et bleu". Toulouse, candidat à l’Europe en L1, Troyes, en course pour l’accession parmi l’élite et, Drancy, modeste club de CFA, ont mordu la poussière à Mezzavia, redevenu flamboyant comme à ses plus beaux jours. Paradoxalement, ce rendez-vous face à une équipe hiérarchiquement inférieure aura été le plus dur. Une victoire acquise en première période mais qui fût si longue à se dessiner. Voilà pour ce qui est de l’aventure à Mezzavia.
Une "première" pour un club amateur insulaire
Ainsi, le 21 mars, le Gazelec retrouvait, vingt ans après les partenaires de Jean-Marie Ferri, un quart de finale de coupe de France. Il affrontait, de nouveau une "grosse pointure" de l’élite. Mais la comparaison s’arrêtera là. Le GFCOA version 2011-2012 devance, et de loin, ses illustres prédécesseurs. Là où ces derniers ont échoué, il a sans doute accompli le plus fabuleux exploit jamais réalisé par les "rouge et bleu" : se hisser dans le dernier carré de la coupe de France. La deuxième perf à ce niveau pour un club corse après Bastia mais une première pour un club amateur. Là où le GFCA 1992 comptait dans ses rangs des joueurs affutés à l’élite ou la D2, de surcroît des joueurs pros, il compte aujourd’hui des joueurs amateurs, sort d’une très longue traversée du désert et vient de traverser une mini-crise (après la qualification face à Troyes). Enfin, il a dû "s’exiler" à Timizolu pour disputer son quart de finale. Mais, quand bien même, il fût orphelin de son stade fétiche, il n’en a pour autant rien perdu de sa ferveur. Montpellier et son jeu collectif cité en exemple a subi la même sentence que Toulouse et Troyes. Hasard ? Complexe de supériorité, fatigue ou "impasse" des Héraultais ? Sûrement pas. Pour preuve, René Girard s’est refusé à tout commentaire à l’issue de la rencontre.
Le rêve de tout le peuple "rouge et bleu"
C’est bien un authentique exploit qu’ont réalisé les "rouge et bleu", deuxième formation après Nancy à battre, en 2012, le second de L1. La recette ? Des valeurs que le football corse semble retrouver dans son ensemble (SCB, ACA, GFCOA mais aussi le CAB, Calvi et tous les autres), mais cela n’aurait certainement pas suffi pour terrasser la bande à Loulou Nicollin. Un collectif bien huilé avec une solide assise défensive, des consignes scrupuleusement suivies et surtout un sens tactique particulièrement aiguisé. À l’arrivée, c’est le plus logiquement du monde, en étouffant chacun de ses adversaires, que le Gaz est en train d’écrire les plus belles pages de son histoire. Depuis janvier, peu à peu, le club est sous les feux de la rampe et n’en finit plus de grimper au box office des équipes placées sur le devant de la scène. Le stade de Mezavia, (ou Timizolu), Dumè Veilex, Fanfan Tagliaglioli, l’historique du gaz, ses périodes fastes, tout est désormais connu et reconnu du grand public. Au club, tout le monde savoure, profite de cet élan pour se concentrer sur son objectif prioritaire : la L2. Mais chacun, dans son for intérieur, sait qu’il ne reste qu’une petite marche avant le stade de France. Et tous rêvent de le retrouver....
Ph.P.