Le nouvel entraîneur ajaccien a été présenté à la presse, samedi dernier, dans les locaux du stade François Coty, à Ajaccio. À 58 ans, l’ancien coach brestois a déposé ses valises à l’ACA pour les deux prochaines saisons. Rencontre…
Samedi 30 juillet, stade François Coty. Il est onze heures et l’ensemble de la presse locale, écrite, audio et TV confondues, attend avec impatience l’arrivée d’Alex Dupont, officiellement aux commandes de l’ACA depuis une bonne semaine. Bien des noms avaient circulé depuis la décision d’Olivier Pantaloni, de se retirer après trois saisons parsemées de grandes joies : Rolland Courbis, Elie Baup, Antoine Kombouaré, René Marsiglia et d’autres encore. C’est finalement Alex Dupont, sans club depuis son éviction de Brest, en fin de saison dernière (à quatre journées de la fin), qui prend le relais. Dans une ambiance détendue et conviviale, le nouveau coach « rouge et blanc » s’est finalement présenté devant la presse, aux côtés de Léon Luciani, vice-président de l’ACA. « Alex Dupont correspond à notre souhait, rappelle ce dernier, ses qualités humaines alliées à sa rigueur et son professionnalisme ont constitué les ingrédients pour avancer ensemble. Il connaît les territoires à forte identité. Nous avons beaucoup de points communs… » Le Nordiste –natif de Dunkerque, dont il porta les couleurs- s’est, ensuite, prêté au jeu des questions-réponse.
Quel est votre premier sentiment sur votre venue à Ajaccio ?
Je suis très heureux d’être ici. J’ai rencontré le président ajaccien Alain Orsoni. Il m’a fait part des projets du club mais il privilégiait, dans le choix de l’entraîneur, les rapports humains. Que l’on soit, en football, une PME comme Ajaccio ou une Multinationale comme Lyon, c’est important et c’est aussi ma vision. Il y a ici une culture footballistique qu’il faudra respecter. Je pense que l’on peut mêler convivialité et professionnalisme pour mettre en pratique les valeurs auxquelles je crois.
Le recrutement est-il bouclé ?
Nous allons partir sur une base de 22 joueurs de champ et deux gardiens. Il nous manque encore un défenseur central et un attaquant axial. Sachant, que le club devra nécessairement se séparer de cinq à six joueurs dans les semaines à venir.
Quels sont les ambitions de l’ACA, cette saison ?
Il ne faut pas se fixer de limites mais éviter que tout ne se joue lors de la dernière journée. Je veux une équipe qui va de l’avant, c’est ma philosophie du football. Un jeu généreux allié à la tradition de club. On devra être réguliers dans nos performances en nous concentrant uniquement sur nous-mêmes. Je ne suis pas quelqu’un qui focalise sur le système de l’adversaire. On doit jouer avec nos qualités et nos valeurs en nous faisant respecter à domicile. Cette identité va progressivement se mettre en place.
Vous avez, pourtant, établi, avec Brest, la saison dernière, un « record » de 17 nuls. Etait-ce un choix défensif délibéré de jouer pour prendre un point ?
Non, pas du tout ! La Ligue 1 a beaucoup d’exigences aujourd’hui. Le niveau est très relevé et, compte tenu des dispositifs mis en place, c’est très difficile de gagner des matchs. Ceci étant, une bonne base défensive est nécessaire si l’on veut une équipe joueuse.
Que retenez-vous de votre passage à Brest ?
Mon départ a été une immense douleur. C’est une plaie qui n’est toujours pas refermée. Mais le plus bel hommage que les joueurs aient pu me rendre c’est d’avoir assuré leur maintien en fin de championnat. Ma grande fierté, c’est qu’à mon arrivée, le club était au plus mal en National et nous avons réussi le pari d’accéder en L2 et en L1. Mais surtout de retrouver une identité.
Vous allez débuter avec deux points de pénalités. Que cela vous inspire t-il ?
Franchement, même de l’extérieur, j’ai trouvé cette décision très sévère et injuste. On ne doit pas pénaliser le sportif. Mais l’on grandit dans l’adversité. Il est vrai, par expérience, que la seconde année de l’accession est, d’une manière générale, plus délicate que la première. On va travailler même s’il n’y a pas de vérité mathématique en football.
Que pensez-vous du calendrier difficile qui vous attend en début de saison ?
L’entame de compétition conditionne, bien souvent, le reste du championnat mais, là aussi, il n’y a pas de vérité. Je crois savoir que l’ACA est bien meilleur en seconde partie. Le club ne totalisait que 9 points après 17 journées l’an dernier. Rien n’est donc défini. L’objectif, c’est de bâtir une équipe difficile à battre, peu importe l’adversaire.
Que vous inspire la belle saison du football corse ?
Le football m’a appris que ceux qui gagnent ne sont pas les plus riches ou les plus pauvres, mais les plus enthousiastes. Montpellier, qui était, avec Brest, à la lutte pour le maintien il y a deux ans et qui remporte le titre cette année, en est le plus bel exemple.
Quelle mission vous fixez-vous avec l’ACA ?
Je veux aider le club à grandir et s’installer durablement à ce niveau. Pour cela, et compte tenu, des moyens du club, la politique de formation me paraît indispensable. J’ai rencontré, à cet effet, Christian Bracconi afin d’évoquer cette perspective.