Ce 31 mars marquera le 4e anniversaire de la disparition tragique de l’emblématique président de l’ACA. Nimu, ùn s’hè scurdatu...
À une semaine près, la rencontre ACA-Lorient marquera un moment important de la vie du club ajaccien. C’est, en effet, le 31 mars 2008, que l’emblématique président de l’ACA choisissait de mettre fin à ses jours après plusieurs mois passés à lutter contre la maladie. Au stade François Coty, son fief, sa deuxième demeure depuis 1992, son souvenir reste présent. Partout, dans les locaux, couloirs, vestiaires ou les bureaux, une photo rappelle celui qui fut, en quelque sorte, "u babbu" di l’ACA. Il ne s’agit pas, ici, de renier tout ce qu’a pu accomplir ce club depuis sa création en 1900 et sa fabuleuse ascension vers le professionnalisme à la fin des années soixante. Encore moins les matchs légendaires disputés au mythique stade Jean Lluis. Si le non de l’ACA est lié à celui de son président, c’est, justement pour tout ce que ce dernier a pu accomplir depuis qu’il en reprit les rênes en 1992. Un club moribond végétant, de surcroît en PH B. Et pourtant, Michel a tenu parole, à l’époque en se donnant dix ans pour retrouver la D1. Et au terme d’une formidable aventure humaine et sportive, l’ACA, qui a connu six accessions en 10 ans -un record-, humait, de nouveau, en août 2002, le parfum de l’élite. Et en patron qu’il fût, dévoué corps et âme à son club, il aura, par son charisme, sa personnalité, sa gestion financière et humaine, largement contribué à l’essor de son club. Michel Moretti savait, en outre, que deux chantiers étaient prioritaires s’il voulait pérenniser l’ACA au plus haut niveau : la formation et un stade digne de ce nom. Ainsi, en marge des compétitions sportives où le club était engagé (L1 et L2 confondues), il travaillait à l’élaboration d’un centre de formation et surtout à la réfection du stade François Coty, son "bébé" en quelque sorte. Jusqu’aux derniers instants de sa vie, il aura fait de ce chantier, sa priorité. Un chantier qui est, aujourd’hui, en phase d’achèvement. Le centre de formation, pour sa part, avance à grand pas vers l’agrément. Et pour couronner le tout, l’ACA évolue en Ligue 1. Au club, personne, des dirigeants aux staffs en passant par les plus anciens joueurs de l’effectif, n’a oublié et s’est efforcé de poursuivre son oeuvre. Et c’est sans doute dans cette particularité que le club puise, cette saison, la force qu’on lui connaît, pour amorcer un tel retour depuis la fin décembre. Un stade plein, une communion avec le public, un cœur "grand comme ça !", les joueurs font honneur à leur maillot et l’ACA avance vers son objectif. Da quallà, Michele po esse fieru di vede ciò ch’anu fattu i soi...
Ph.P.