Accueil du site > EURO-MEDITERRANEE
 

EURO-MEDITERRANEE

vendredi 20 août 2010, par Journal de la Corse

Tempête sur le gaz algérien Tandis que nos élus continuent de discuter de la jonction possible avec l’éventuel Galsi la presse algérienne traite àlongueur de colonne des incertitudes qui pèsent sur les exportations de gaz àpartir de 2010. Et voilàque le journal économique Le Maghreb annonce que l’achèvement du Galsi, s’il commence, est programmé pour 2016 ce qui signifie que la Corse peut espérer un réseau local pour 2020. Dans le meilleur des cas. D’ici là… D’autant qu’une autre tempête menace les exportations gazières algériennes. Une dizaine de hauts responsables de Sonatrach sont impliqués dans une affaire de passation irrégulière de marchés en janvier 2010. Une année désastreuse C’est Le Maghreb émergent qui l’écrit : le premier semestre 2010 aura été l’épisode le plus désastreux de l’histoire de la compagnie pétrolière nationale, la Sonatrach. Début janvier, son PDG, Mohamed Meziane est accusé dans une affaire de passation irrégulière de marchés et deux de ses vice-présidents sont incarcérés pour les mêmes motifs. Le résultat est qu’aucune décision n’a plus été prise en matière de partenariat. Les retards accumulés vont indéniablement avoir des conséquences sur le programme d’extension des capacités de raffinage et provoquer une augmentation des importations d’essence. Mais surtout, l’appel d’offres en matière d’exploration a été reporté. Les compagnies pétrolières étrangères vont devoir ronger leur frein et l’Algérie se priver d’un apport financier essentiel. En fait, l’affaire dite de corruption pourrait bien cacher un véritable changement de stratégie. Désormais l’Algérie veut utiliser son gaz pour produire de la plus-value en investissant dans sa propre industrialisation. Youcef Yousfi, le nouveau ministre de l’énergie, désire « Â une politique plus rationnelle de conservation des réserves tenant compte de la croissance des besoins domestiques en énergie, une politique beaucoup plus ambitieuse d’économie d’énergies et de développement des énergies renouvelables  ». Le Galsi en équilibre instable « Â Par ailleurs, cette pause retarde l’intensification des travaux d’exploration, sans lesquels l’Algérie est certaine de ne pas pouvoir réaliser son objectif d’exportation de l’ère Chekib Khelil, àsavoir 85 milliards de milliards de mètres cubes de gaz par an. Sans un arbitrage dans les grands projets industriels énergivores, notamment pétrochimiques, la réalisation du gazoduc Galsi reliant l’Algérie àl’Italie via la Sardaigne est compromise. Les quantités de gaz algérien pour alimenter « Â ce tuyau  », considéré comme stratégique dans l’approvisionnement en gaz de l’Europe, seraient indisponibles. Un manque àgagner dans ce scénario de 2 milliards de dollars/an.  » souligne Salim Dali dans le Maghreb émergent. D’une manière très « Â socialiste  » le pouvoir a décidé de remplacer toute l’équipe qui travaillait hier encore sur l’exportation du gaz. Car paradoxalement, l’Algérie ne peut se permettre de perdre sa place comme principal fournisseur de l’Europe en gaz, position menacée notamment par les compagnies du Qatar qui envisagent une exportation massive du marché européen en gaz naturel liquéfié dès 2011. Précision utile, le gaz nécessaire àla Corse est du GPL. Car la timide opposition au régime algérien fait valoir que désormais l’Algérie doit utiliser le gaz comme arme politique notamment pour prendre une place grandissante au Moyen Orient. Les opposants exigent que l’Algérie serve de moyen de pression pour infléchir la politique jugée trop pro israélienne de l’Italie et de la France. Ce qui laisse augurer des tensions dont pourrait bien être un jour victime la Corse si tant est que la jonction avec le Galsi se fasse. D’autres énergies existent La crise algérienne met en exergue l’absence totale d’indépendance énergétique que ferait peser le gaz algérien. Qu’on le veuille ou non, aujourd’hui les sources d’énergie sont devenues une arme fondamentale dans la géo-stratégie internationale. On l’a récemment remarqué avec les tensions gazières décidées par la Russie. Or on sait par expérience que les peuples comme les individus sont mus par la paresse. Lorsque la Corse disposera d’une telle source d’énergie (tout cela étant évidemment mis au conditionnel) elle aura tendance ànégliger l’apport des énergies naturelles (solaires, éoliennes, marines etc.). Un pays comme l’Égypte par exemple va investir dans la construction d’une centrale électrique solaire d’une capacité de 100MW àKom Ombo, au nord d’Assouan. D’un coà»t global de l’ordre de 500 millions de dollars financé par la Banque mondiale et l’African Development Bank, cette centrale solaire répond àl’objectif du gouvernement égyptien qui est de produire 20 % de son énergie àpartir d’énergies renouvelables en 2020. Plutôt que se focaliser sur le Galsi nos élus feraient bien d’imaginer un futur qui tienne compte de deux facteurs essentiels : la solidarité nationale va tendre àdisparaître tandis que le prix des énergies fossiles (prix vente au consommateur) va s’envoler. Gabriel Xavier Culioli  

Répondre à cet article