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THEATRE

jeudi 7 octobre 2010, par Journal de la Corse

Cortiscena Cortinscena Programmation théâtrale Un’Aria di famiglia d’Agnès Jaoui et de Jean-Pierre Bacri Mercredi 20 octobre à 20h30 Spaziu Culturale Natale Luciani – Campus Mariani Mise en scène : Jean-Pierre Lanfranchi Unità Teatrale Distribution : Chany Sabaty, Jacques Leporati, Daniel Delorme, Marie-Paule Franceschetti, Lionel Tavera, Anita Ciccarelli Auteurs : Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri. Adaptation en langue corse : Jean-Thomas Marchi. Décor : Milou Tomasi Création lumière+technique : Cédric Guéniot. Adaptation en langue Corse, de la pièce de Jaoui et Baccri : « Un Air de Famille ». Cette pièce de théâtre d’Agnès Jaoui et de Jean-Pierre Bacri, a été créée le 2 septembre 1994. Elle est retranscrite au cinéma par le réalisateur : Cédric Klapisch. Note d’intention d’Un’Aria di Famiglia « Notre quotidien à tous…. » Jean-Pierre Lanfranchi, nous explique pourquoi il a voulu relever ce challenge. « Cette pièce, présentée il y a peu de temps par une distribution comprenant les acteurs les plus en vogue du moment, a reçu un succès retentissant. De plus la version filmée de Klapish a accentué le phénomène en faisant découvrir l’œuvre au grand public. Dans ce contexte notre prestation prend le risque évident de la comparaison. Naturellement l’objectif est ailleurs. Parler du non dit aujourd’hui en langue corse me paraît nécessaire, même si cela représente une toile de fond lointaine et que la tranche de vie des Mesnard ici racontée se suffit à elle-même. J’ai voulu tenter de faire une version qui nous ressemble, avec une violence moins commune, une mère culpabilisatrice à souhait, une épouse victime de la tyrannie domestique conjugale, et une jeune femme que l’on ne maîtrise plus. Cette famille, composée d’individus qui ne peuvent écouter, donc ne peuvent comprendre, que leur seule problématique individuelle, se mêle de tout avec le poids de l’incompréhension. Alors, même si cette fois-ci les noms, les prénoms, les lieux de la pièce sont demeurés identiques au texte original, les Mesnard, eux, deviennent corses à part entière et nous disent l’extrême fraternité des êtres dans leur fragilité. » JP Lanfranchi. BAAL de Bertolt Brecht Mercredi 17 novembre à 20h30 Spaziu Culturale Natale Luciani – Campus Mariani Théâtre de NéNéka Mise en scène : François Orsoni Distribution : Alban Guyon, Mathieu Genet, Clotilde Hesme, Tomas Heuer, Thomas Landbo, Esthelle Meyer, Jeanne Tremsal Scénographie/ costumes : François Curlet Son : Rémi Berger Régie : François Burelli Administration : Julie Allione Production : Amélie Philippe Note d’intention. Durant la première guerre mondiale l’occident a orchestré un grand suicide collectif. En 1918, une des réponses du jeune Brecht à ce chaos, c’est Baal, une métaphore lyrique de ce « voyage au bout de la nuit ». Baal raconte la vie d’un homme telle qu’elle s’est déroulée au début du siècle dernier. « Baal, l’être humain, relatif, le génie passif, le phénomène Baal depuis sa première apparition parmi les êtres civilisés jusqu’à sa fin affreuse, avec l’énorme consommation qu’il fait de dames de la meilleure société, dans ses rapports avec les gens. La vie de ce personnage fut d’une sensationnelle immoralité. » Baal est un jouisseur chaotique, repoussant et fascinant. Il s’extrait de la société et sa trajectoire est une chute progressive, un suicide lent et assumé, paradoxalement une quête de plaisir, de bonheur ? Comme un sentiment de puissance. « J’aime raconter des histoires d’anti-héros, fuyants qu’on ne peut rattacher à rien, qu’on ne peut enfermer dans aucune case. Baal, l’asocial, a cette lucidité ensoleillée décrite par Pasolini, conscient que la vie peut se regarder comme « une incroyable possession qui nous échappe. » « Cette pièce de théâtre traite de l’histoire banale d’un homme qui, dans un débit d’eau de vie, chante un hymne à l’été sans avoir choisi les spectateurs, y compris les conséquences de l’été, de l’eau de vie et du chant. » François Orsoni A Vindetta de Marco Cini Mercredi 24 novembre à 20h30 Spaziu Culturale Natale Luciani – Campus Mariani U Teatrinu Mise en scène : Guy Cimino Traduction : Ghjacumu Thiers Distribution : Corinne Matteï, Coco Orsoni, Henri Olmeta, Pierre-Laurent Santelli, Jean-Pierre Giudicelli, Lumières : Vincent Grisoni Vidéos : Pierre-François Cimino Cette pièce courte s’inspire des « Studi critici » que rédigea Salvatore Viale au 19e siècle pour caractériser les mœurs originales -on dirait aujourd’hui « la culture »- du peuple Corse. Le drame humain social et économique de la « Vindetta » est sollicité sous ses aspects les plus vrais. La densité d’un texte et d’un jeu théâtral concentré sur l’essentiel donne à ce spectacle toute l’intensité du tragique. Le spectateur, confronté aux tensions collectives qui sont à l’œuvre aujourd’hui comme hier, est d’emblée concerné par un spectacle qui lui parle de lui-même. Credo de Henzo Cormann Mercredi 1er décembre à 20h30 Spaziu Culturale Natale Luciani – Campus Mariani Théâtre Alibi Mise en scène : François Bergoin Avec Catherine Graziani Chorégraphie ; Nadia Guennegan Musique : Eddy Louiss / Gramophonedzie « Opuscule en un acte pour femme seule et bouteille de Sancerre » Voici un texte qui apparaît désormais comme un classique de l’écriture contemporaine. Certains choisissent les armes, d’autres le silence pour exorciser leur révolte ; ELLE choisit les mots, posant des questions sans y répondre, dans un décor vide pour une vie pleine de blanc. Immobile dans une robe sans âge, qui pourrait être celle d’une mariée….qui vient d’astiquer ses parquets. Figée comme un oiseau sur une branche, n’attendant que le moment de s’envoler. Brusquement cette explosion. Les souvenirs qui tombent dans la bouche comme des pierres que l’on voudrait vomir. Enfance bafouée, humiliée avec un père pour qui le vin tenait lieu d’esprit de famille. Expériences amoureuses lamentables qui ont transformé une gamine délurée en jeune épouse aigrie, bien décidée à prendre sa revanche sur les fêlures du passé et la dérive du quotidien. Chaque phrase est une empoignade intime expédiée avec une « énergie redoutable ». La comédienne est comme un ange blanc qui navigue parmi le chaos de sa folie. Avec humour, sourire, sensualité. Parce que Catherine Graziani est une actrice singulière et vive, elle fait pétiller le texte d’Enzo Cormann. Et nous recevons des bulles, avec délice, en pleine figure. A propos d’Enzo Cormann. « Ses pièces sont régulièrement mises en scène. Celles-ci ne racontent pas vraiment d’histoires, bien que des fables naissent peu à peu du cœur même du langage. Comme Bacon le disait de ses toiles : ce que veut dire Cormann c’est toucher aux « nerfs », atteindre le réel par les chemins de l’inconscient. Il cherche à chaque fois à mettre en jeu l’essentiel et ne prend appui sur l’anecdote, que pour mieux mettre à jour la quête profonde d’un personnage, l’image d’une incertitude ou d’une douleur. L’écriture de Cormann est résolument moderne. » J-P. Ryngaert.

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